Bonjour,

Je dois faire une lecture analytique de "Pierrot mon ami" de R. Quenaud en répondant à la question : Quelle est la philosophie de vie de Pierrot ? ... j'ai un petit peu de mal .. alors si vous pouviez me donner un petit coup de main par exemple pour trouver des axes et quelques idées ce serait génial !!!!

Le texte est ci dessous !! (désolé s'il y a quelques fautes ... mais je l'ai tapé en vitesse ...)

Merci d'avance !
A bientôt




[color=black](La scène se déroule dans une fête foraine. Pierrot s’est accoudé au bord de la piste des autos tamponneuses.)

Accoudé bien à son aise, Pierrot pensait à la mort de Louis XVI, ce qui veut dire singulièrement, à rien de précis ; il n’y avait dans son esprit qu’une buée mentale légère et presque lumineuse comme le brouillard d’un beau matin d’hiver, qu’un vol de moucherons anonymes. Les autos se cognaient avec énergie, les trolleys crépitaient contre un filet métallique, des femmes criaient ; et, au-delà, dans tout le reste de l’Uni-Park, il y avait cette rumeur de foule qui s’amuse et cette clameur de charlatans et de tabarins qui rusent et ce grondement d’objets qui s’usent. Pierrot n’avait aucune idée spéciale, sur la moralité publique ou l’avenir de la civilisation. On ne lui avait jamais dit qu’il était intelligent. On lui avait plutôt répété qu »’il se conduisait comme un manche ou qu’il avait des analogies avec la lune. En tout cas, ici, maintenant, il était heureux, et content, vaguement. D’ailleurs, parmi les moucherons, il y en avait un plus gros que les autres et plus insistant. Pierrot avait un métier, tout au moins pour la saison. En octobre, il verrait. Pour le moment, il avait un tiers d’an devant lui tintant déjà devant lui des écus de sa paie. Il avait de quoi être heureux et content pour quelqu’un qui connaissait en permanence les jours incertains, les semaines peu probables et les mois très déficients. Son ½il beurre noir lui faisait un peu mal, mais est-ce que la souffrance physique a jamais empêché le bonheur ?

R. Queneau, Pierrot mon ami, Gallimard, 1943