Smart57 link=topic=41117.msg444277#msg444277 date=1165400286 a dit:
ninten je compte personnellement reprendre des études notamment en fac de droit par le biais du CAVEJ. J'ai lu pas mal de bouquins sur les problèmes actuels de l'université.
Je te donne mon avis sur la question et dis moi si je me trompe. (je précise que je n'ai encore jamais étudié en fac)
Premièrement il me semble impérativement urgent de réhausser le niveau du bac. Si la fac connaît autant de soucis c'est que bon nombre d'étudiants (pas tous fort heureusement) sont à l'université par dépit puisque beaucoup d'entre eux se sont fait refoulés dans les filières sélectives. Conclusion et conséquence : plutôt que de rester les bras ballants à ne rien faire ou à défaut être au chômage ils s'engouffrent dans les fillières de la fac en attendant l'an prochain pour postuler à nouveau dans des cursus sélectifs. Aussi la loi Jospin de 89 a conduit à un égalitarisme forcené et imbécile : on produit plus de 80 % de bacheliers pour respecter les statistiques et non pour sanctionner un réel niveau, un vrai savoir ! La fac, au nom de la liberté de s'orienter dans n'importe quel cursus, ne prône aucune sélection contrairement aux autres filières et perso je suis contre ce système. La sélection me semble nécessaire pour éviter les dérives que nous connaissons actuellement..Cela me paraît logique de sélectionner sur dossier et motivations...
Par ailleurs mettre en place un dispositif d'orientation solide et efficace et surtout informer les étudiants sur les débouchés de chaque filière et leur chance de réussite. Effectivement j'en connais quelque chose du manque d'information sur les passerelles. J'ai repris 2 fois des études : la première fois de la seconde au bac ES dans un lycée privé et la seconde fois par le biais du CNED. Sais-tu comment j'ai su que l'on pouvait étudier par ce biais là ??? En lisant par le plus pur des hasards un guide sur les formations et dans ce livre en tout petit il était écrit que les salariés avaient la possibilité de poursuivre à distance. C'est comme pour le DAEU ou d'autres passerelles, elles sont inconnues au bataillon pour la majeure partie du public et ça me révolte !!! :tickedoff:
A se demander desfois si ce n'est pas fait exprès....

:knuppel: Ceci dit je ne suis pas contre la suppression des filières qui ne débouchent sur pas grand chose. L'université certes doit apporter toutes les connaissances et outils nécessaires en vue de trouver un emploi. Mais son rôle c'est surtout de développer l'esprit critique, de transmettre un savoir, des connaissances et en l'occurence une culture générale suffisamment solide pour développer des capacités d'adaptation nécessaire pour s'intégrer au monde d'aujourd'hui. L'université est à mes yeux le bastion du savoir et de la connaissance et doit le rester...
On ne peut pas demander en fonction de sa filière un job bâti sur mesure comme un du ou obliger la collectivité si l'on sait que la voie vers laquelle l'on s'est dirigé ne débouche sur pas grand chose...
Je comprends mais il ne faut pas oublier les auteurs de ces bouquins. J'ai feuilleté le rapport Etzel (j'ai un doute sur l'orthographe) et c'est vraiment une immondisse à mon goût. Il faut garder une certaine distance, une éducation du regard, un recul profond par rapport à ce qui peut être écrit dans la presse également.
Je connais très très bien l'université, j'ai été l'attaché de communication dans le cadre du mouvement des étudiants de l'université de Rouen en septembre-octobre 2005. Je suis également "syndiqué". Il ne faut pas réhausser le niveau de la fac, c'est pas tout à fait ça mais il y a de l'idée. Il faut des objectifs pédagogiques clairs, connus de tous, fixés intelligemment et des systèmes de notation indépendants des quotas. Il faut accepter de maintenir la barre à un niveau qui permet aux étudiants de passer au niveau suivant s'ils ont atteints les objectifs fixés et non rabaisser ces objectifs pour faire du chiffre. il faut arrêter la bidouille dans les notes, arrêter de relever les notes quand elles sont trop basses, cela rend la perception de la qualité du travail floue pour les enseignants et les étudiants. Mais il faut aussi que les contrôles soient conçus de façon à être faisable à un niveau donné et dans le temps apparti. Certains professeurs nous donnent des contrôles à faire en 2 heures alors qu'ils ne seraient pas eux-mêmes capables de les refaire.
Oui il y a pas mal d'étudiants qui se retrouvent à l'université car ils ont été refoulés. Cependant, ils peuvent quand même y réussir. Il faut arrêter de faire circuler d'idée qu'à l'université, on peut réussir en ne fichant rien à mon avis car c'est faux. Tu ne fiches rien=tu n'as rien. Si tu fais un an d'université, prenons mon exemple, un an de DEUG MIAS, tu peux demander à entrer directement en 2 ème année de DUT donc ça ne sert pas à rien. Je n'en veux pas à Jospin en particulier mais on voit arriver à l'université des gens avec de grosses lacunes en français, ça me choque. Il ne faut pas donner le bac, il faut le laisser à un niveau raisonnable et mettre des moyens pour les élèves en difficulté pour leur permettre d'atteindre ce niveau et non baisser ce niveau pour leur permettre d'avoir un diplôme moins valorisé, un cadeau empoisonné.
Par contre, il n'est pas du tout nécessaire de sélectionner à l'université. Sélectionner un étudiant avant même qu'il entre à l'université est un non-sens pédagogique car tu choisis l'étudiant sur ce que tu estimes être son aptitude à poursuivre des études et non sur ses réels capacités. Cela n'est absolument pas nécessaire. Personnellement, j'ai eu mon bac S mention passable, j'étais un peu juste en maths. S'il y avait eu une sélection à l'entrée de l'université en DEUG MIAS, on ne m'aurait jamais pris à cause de ça. Pourtant, j'ai eu ma première année, je suis allé ensuite à l'IUT, je suis arrivée 8ème sur 80, j'ai eu un avis de poursuite d'études très favorable, j'ai eu mention assez bien en licence 3. Vois-tu, il faut laisser une chance à l'étudiant et c'est à lui de se réorienter s'il n'a pas les capacités de suivre un cursus qu'il a pourtant choisi.
De plus, la sélection se fait surtout sur l'argent. Le gouvernement veut faire passer l'arrêté MASTER avant décembre qui prévoit un triplement des droits d'inscription. Si je dois payer 2000 euros pour aller en master 2, je devrai arrêter mes études.
Je ne prone pas le n'importe quoi etc... Je dis qu'on doit mieux orienter les élèves, créer des semaines de remise à niveau et aussi des UE de remise à niveau, faire plus de passerelles mais des passerelles intelligentes, laisser tout étudiant demandant à entrer en master y aller s'il a la licence correspondante. La valeur d'un diplôme ne dépend pas de sa rareté mais de son contenu pédagogique.
A l'université, il n'y a pas trop de filières qui ne débouchent sur absolument rien mais il y a des filières bouchées. C'est le rôle de la collectivité et de l'Etat de corriger les inégalités au moins au départ pour éviter la reproduction sociale.
J'estime enfin que l'éducation (de qualité) est un droit et non un privilège. Tout le monde doit y avoir accès et sans démagogie, on doit permettre à chacun d'exprimer son potentiel dans une formation en adéquation avec ses capacités propres. On ne peut pas tous décrocher le bac ou le master.