Voici le corrigé:
Tour à tour victimes ou auteurs d'actes d'incivilité ou de barbarie, les enfants font chaque jour la une de l'actualité. Ce dossier prouve que les écarts se creusent aujourd'hui entre les pays en voie de développement et l'Occident industrialisé malgré la volonté d'instances internationales.
Mais un poème de Victor HUGO nous rappelle que les enfants français du XIXème siècle connaissaient eux aussi le travail harassant, la maladie et la misère, rançon de ce que l'on appelait le " progrès ". De nos jours, ce même progrès, élargi au niveau mondial, aggrave la situation faite aux enfants : une chronique d'Amnesty International parue en 1998 et écrite par Marie-Agnès COMBESQUE confirme la dégradation constante de leurs conditions de travail, tout particulièrement en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie du Sud Est . Pourtant, la Convention internationale des droits de l'enfant adoptée le 20 novembre 1989 par l'ONU voulait protéger tous les enfants, sans distinction d'origine ni de sexe. Pour certains enfants du monde, le droit à l'eau potable et à l'instruction primaire n'est pas acquis, alors que l'essai La Parole de l'enfant de Jean-Pierre ROSENCVEIG et Pierre VERDIER paru en 1999 montre qu'en France au cours du siècle, les droits de l'enfant sont allés croissant, en particulier leur droit à la parole. Ces enfants là ne quittent l'insouciance de leur âge que pour devoir assumer la responsabilité de leurs propos, affirment ces deux fonctionnaires respectivement président du Tribunal pour enfants de Bobigny et ancien directeur de la Direction des Affaires Sanitaires et Sociales de la Moselle. Le dossier inviterait à penser que le Tiers monde connaîtra une même évolution favorable à l'enfance, mais un dessin de PANCHO paru dans Le Monde le 1er novembre 1997 évoque un danger : un industriel, campé par ce dessinateur au milieu d'une foule d'enfants incrédules de toutes races, formule le souhait cynique de voir désormais la " loi du marché " dire le droit de l'enfance.
Nous étudierons donc la condition faite aux enfants dans la société et les combats menés, depuis le siècle dernier en Occident comme de nos jours dans le monde entier pour que leur soient reconnus tous les droits depuis le plus élémentaire droit à une vie décente jusqu'à la liberté d'expression. Nous nous interrogerons ensuite sur les moyens dont dispose l'humanité pour préserver l'enfance et sur les limites de ces moyens.
Suggestion d'un plan de " synthèse " écrit parfois sous forme de notes.
Une " note de synthèse " reprendrait seulement les points soulignés.
Tout autre plan pouvait être proposé, pourvu comme d'habitude,
*qu'il n'omette rien d'essentiel,
*que tous les documents soient représentés au sein de chaque partie,
*et que chaque paragraphe confronte au moins deux documents, selon l'usage …
Il va de soi que dans vos copies, toutes les phrases doivent être intégralement rédigées.
I- l'enfant dans la société : hier et aujourd'hui, en Occident et dans le monde.
Le contraste est grand entre l'essai de nos contemporains ROSENCZVEIG et VERDIER, qui parlent de la violence faite à 17 millions d'enfants que l'on refuse d'écouter malgré la pertinence de leurs propos et les quatre autres documents qui mettent en lumière le péril vital auquel les hommes ont exposé et exposent encore l'enfance au travail. Petits par leur taille comme le rappelle le dessin de PANCHO, les enfants sont donc les plus vulnérables.
a) Précisons tout d'abord qu'il ne s'agit pas même de refuser tout travail, quel qu'il soit. Deux types de travail sont en effet distingués : Victor HUGO parle d'un travail synonyme de dignité, d'accession à la liberté donc au bonheur, ce que confirme Marie-Agnès COMBESQUE lorsqu'elle évoque le " travail acceptable " par l'UNICEF s'il permet la fierté au sein de la famille et l'accès à une véritable formation, quitte à négliger pour une génération le droit au repos et au loisir. Mais la réalité la plus sordide est celle de la servitude dont parle HUGO, de l'esclavage reconnu par l'ONU.
b) Conditions concrètes : Victor HUGO parle de l'isolement des enfants au XIXème siècle en France :, ce que confirme Marie-Agnès COMBESQUE de nos jours. Ils fabriquent des vêtements, des briques, nous apprend-elle tandis qu'au XIXème siècle industriel en France, Victor HUGO les montre dévorés dans le noir par une machine monstrueuse. De nos jours, l'humanité laisse 250 millions d'enfants entre 5 et 14 ans travailler, dont 125 à temps plein ; plus de la moitié des enfants du Bhoutan, de l'Afrique centrale sont contraints aux travaux forcés , plus du quart en Haïti, près du cinquième en Amérique latine, pour ne rien dire de la prostitution selon Marie-Agnès COMBESQUE. Les filles sont probablement les plus touchées par cet esclavage : Le poème de HUGO les montrait déjà à huit ans exténuées sous la machine et la chronique d'Amnesty International estime que leur travail à l'intérieur des familles est encore aujourd'hui impossible à évaluer.
c) Conséquences physiques : Marie-Agnès COMBESQUE et Victor HUGO dénoncent le développement du corps compromis, le rachitisme et la maladie, " fièvre " pour Victor HUGO. Ce même phénomène persiste puisque la Convention internationale des droits de l'enfant demande que soit garanti le droit au développement physique. Le jeu en fait partie, mais Victor HUGO, Marie-Agnès COMBESQUE et la Résolution de l'ONU prouvent que ce besoin vital n'est pas même garanti.
d) Conséquences mentales et psychologiques : Déjà Victor HUGO s'indignait de voir le travail tuer avec l'enfance toute pensée ; l'UNICEF évoquée par Marie-Agnès COMBESQUE déclare " intolérable " ce travail qui compromet gravement le développement mental et spirituel de l'enfant, pourtant garanti par la Convention internationale des droits de l'enfant adoptée en 1989.
II- De quelles armes disposent les hommes pour faire cesser le paradoxe révoltant de cette société qui détruit son avenir, qui détruit ce qu'elle crée, ce que Dieu a voulu, selon le mot de Victor HUGO, qui perpétue cet " esclavage moderne " de travail forcé, selon la formule de l'ONU citée par Marie-Agnès COMBESQUE.
a) Tout d'abord de leurs sentiments, de leur indignation qui peuvent persuader leurs semblables : Victor HUGO : la haine des mères face à ce travail tueur de chairs d'enfants. Indignation du poète HUGO qui prolonge par l' anaphore de " maudit " ce cri de haine, qui lui donne force par la violence des antithèses, par la cruauté de ces images d'enfants broyés sous les dents d'une machine folle. Cette même indignation est perceptible chez Marie-Agnès COMBESQUE par l'intermédiaire de statistiques accablantes : les enfants au travail dans le monde peupleraient un pays grand comme cinq fois la France ! Le dessin de PANCHO, par la rapidité avec laquelle il transmet son message, interpelle l'occidental cultivé qui ne peut plus feindre l'ignorance.
b) Des associations et le droit national ou international veulent alors mettre un terme à ce fléau. Marie-Agnès COMBESQUE parle d'associations qui depuis plus de 20 ans au Pérou puis en Inde organisent la défense des droits fondamentaux des enfants au travail. C'est donc qu'il n'y a pas mondialisation de ces droits, malgré les louables résolutions de l'ONU de 1989 qui préconisait la protection contre l'exploitation. Il serait du ressort de chaque État de fixer l'âge minimal du travailleur, ses horaires et ses conditions de travail, de façon à ne nuire ni à sa santé, ni au développement de toutes ses capacités. Les États contrevenants s'exposeraient à des sanctions. En France, existent des tribunaux pour enfants et des organismes d'État comme la DDASS, où travaillent les auteurs de l'essai La Parole de l'enfant.
III - Mais malgré cela, le scandale ou la simple injustice persistent ::
a) Les limites de ces armes : Le rapport d'Amnesty International montre la relative vanité des résolutions comme celles de l'ONU: la situation s'aggrave et les peines ne dissuadent manifestement pas tous ceux qui veulent assimiler les enfants à des moyens de production, à des machines. La comparaison, déjà présente chez HUGO, se retrouve dans le dessin de PANCHO : un industriel, semble-t-il occidental, à moins qu'il ne s'agisse d'un politique, s'adresse à de petits êtres de toutes couleurs de peau et leur assure avec cynisme qu'ils seront " protégés par les lois du marché ". Or, l'on parle de loi du marché, de concurrence, d'offre et de demande lorsqu' il s'agit de biens, de marchandises. Et l'indignation qui court de Hugo jusqu'à Amnesty International est de peu de poids face à la nécessité demandée par les consommateurs que nous sommes de produire toujours plus et moins cher, donc avec de la main d'½uvre sans défense.
b) C'est pourtant l'humanité tout entière, d'aujourd'hui comme de demain qui dépend de la situation qu'elle fait aux enfants. Hugo évoquait la responsabilité de l'homme devant l'½uvre de Dieu ; la résolution de l'ONU ne dissocie pas la protection de l'enfance d'une action globale touchant toutes les catégories de la population et tout particulièrement les parents auxquels s'adressent des campagnes d'information sur la nutrition, l'hygiène, la planification des naissances et l'abolition des pratiques rituelles mutilantes. Par l'enseignement et l'éducation, les États comme les familles pourront protéger leurs enfants, faire reculer la barbarie.
c) On le voit, l'humanité ne semble pas placer l'enfant au centre de ses préoccupations : exploité dans le tiers-monde et même en Albanie et au Portugal selon la chronique d'Amnesty International comme d'après la Résolution de l'ONU, , l'enfant ne se voit que parcimonieusement accordé le droit à la liberté d'expression dans la France de 1999. Car ce droit, notent ROSENCZVEIG et VERDIER, se voit assorti du devoir de respecter l'autre, tout comme d'ailleurs le rappelait l'article treize de la Résolution de l'ONU.
Conclusion objective : Du XIX siècle à nos jours, le combat fut incessant pour que l'enfant accède à des droits d'abord élémentaires, comme celui de pouvoir survivre puis vivre de plus en plus dignement dans un monde où adultes et enfants doivent se respecter mutuellement. Le dernier combat à mener serait verrait sa liberté d'expression pleinement légitimée même si l'évolution de l'économie mondiale laisse planer le risque d'une régression.
Conclusion personnelle : par définition, ne peut pas donner lieu à une correction. Rappels d'usage ; une idée vraiment personnelle, une argumentation solide qui ne saurait se limiter à un exemple particulier, une expression ferme, mais sans invective ni terrorisme !