"La grève de solidarité vise à défendre d'autres salariés, est licite si elle répond à la poursuite d'un "intérêt collectif". Il importe à cet égard de vérifier que le gréviste se trouve, d'une manière ou d'une autre, atteint dans ses droits, fût-ce de manière médiate. Ainsi, la grève de solidarité qui vise à soutenir un salarié licencié pour des raisons strictement personnelles est jugée illicite (Soc. 8 janvier 1995). En revanche, si le motif du licenciement peut être rattaché à l'intérêt de tous les salariés de l'établissement, la grève sera jugée licite. C'est ainsi que le licenciement d'un salarié syndiqué peut apparaître comme une restriction de la liberté syndicale établie au profit de tous les salariés et susciter d'une grève licite.
La grève de solidarité est également licite même si aucune revendication précise n'est formulée à l'égard de l'entreprise concernée pourvu que la revendication puisse rattachée aux préoccupations quotidienne des salariés (Soc. 29 mai 1979, précit)."