Cycy la vache
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aloooors....
maternelle : l'ennui total. Je savais déjà lire à 3 ans et on me condamnait à regarder le temps passer pendant que les autres faisaient la sieste. Je rêvais de m'évader.
CP: année banale. Je m'ennuie moins car je peux lire. Enfin!
aprés ça déménagement forçé. Malheureusement pour moi, ce fut "Bienvenue en enfer".
Du CE1 jusqu'en troisieme: je me bats pour ma survie, imaginez Laura Ingalls au milieu de l'enfer urbain. Et c'est fou ce que les gosses peuvent être cruels. Je suis trop différente, physiquement, mentalement. La fille qui lit du Zola à 8 ans au lieu de regarder Hélène et les garçons. La fille qui fait du théâtre au lieu de voler des scooters. la fille qui écrit des poèmes au lieu de dealer de la drogue. la fille qui ne se laisse pas draguer, qui ne se retrouve pas en cloque au collège. Mais aussi une fille pas méchante qui ne comprend qu'on veuille se battre contre elle. On s'acharne contre moi, physiquement, moralement, tous les jours les baffes, les humiliations, le racket. Meme le prof de maths qui me dit folle alors que c'est lui qui finit enfermé. Détruite, bousillée, je redouble ma sixieme, fais 7 tentatives de suicide. Et puis un jour je mets ko un mec qui faisait deux fois ma taille et on ne me cherche plus la bagarre. Comme entre temps je ressemble un peu plus à une femme ceux qui me crachaient dessus en 6 eme me tournent autour en 3eme. Je fuis dans les livres, me barricade, plus dure que les durs. Et puis un jour j'ai le brevet et je m'enfuis de l'enfer.
Lycée: les plus belles années. Seconde générale redoublée pour avoir été percutée par une voiture ayant occasioné un joli trauma cranien. Mais je suis retournée à la civilisation, j'ai rencontré des êtres humains. J'ai enfin de vris amis, j'écris et met en scène une pièce de théâtre, tourne un court métrage, crée un fanzine. je redouble la terminale car j'ai loupé le bac à un point. L'année suivante, je la vis en colocation dans un grenier qui prend l'eau quand la neige traverse le toit. C'est la galére, je ne mange pas toujours à ma faim, j'ai si froid que je dors avec plusieurs couches de vêtement, je ne pense qu'au bac, je suis au lycée de 6 h à 20 h c'est mon toit. un jour quelqu'un découvre que je n'ai pas mangé depuis une semaine (pas parceque je ne voulais pas mais parce que je n'avais pas de quoi m'acheter à manger) et que je risque de me retrouver à la rue pour une dette "astronomique" de 22 euros. le proviseur, ( un véritable ami) monte au créneau, il règle ma dette, et m'offre gratuitement d'être pensionnaire au lycée. émue aux larmes, j'accepte uniquement les repas, car je ne peux pas laisser tomber ma colocataire qui elle est éudiante. C'est hélas un peu tard. Affaiblie physiquement, j'ai attrappé en écopant pendant deux jours la neige tombée dans ma chambre une forme violente de méningisme. Direction hôpital , coma. je lutte pendant deux mois, survit. J'apprendrais par la suite qu'un autre patient de mon âge ayant attrappé ce même méningisme est décédé. Retour au lycée deux mois avant le bac. En me voyant on croit à un fantome. Mais j'ai la rage, je me battrais. Je repasse le bac avec un sac à dos remplis de mes affaires car mon bail s'est terminé deux jours avant, le temps de pouvoir rejoindre mes parents (qui ont encore déménagé alors que j'avais choisit la fameuse colocation) je loge durant la semaine d'examens chez une copine. repéchage. 34 points à rattrapper. Je choisis la philosophie et sartre. 18 coefficient 7 j'explose les 34. Je n'ai pas le temps de me réjouir, je dois vite récupérer mon dossier car je dois traverser la ville mon sac sur le dos pour rejoindre la gare et sauter dans le train qui me permettra de rejoindre ma famille. Perturbations, 5 heures d'attente. Je m'endors à coté de la machine à bonbons. En ouvrant les yeux, je vois à mes 15 euros, un billet de 10 et un de 5. Et c'était pas un reve. Train de nuit; j'arrive à la gare de mes parents à 23 h, tombe dans les bras de mon père. On a vaincu une année épouvantable mais on a gagné. Et au final cette année est la plus belle.
et puis je vais à la fac à côté de chez nous. License d'histoire. abandonnée la deuxieme année car je n'ai pas encore bien récupéré de mes aventures de l'année précédente. je ne me sens pas assez forte devant des études aussi lourdes.
De 2003 à 2006, la parenthèse enfantine. Je suis surveillante d'études dans les écoles maternelles et primaires. Métier où on vous demande d'être à la fois prof, nounou, infirmière, psychologue, assistante sociale, femme de ménage, plombier... métier où les enfants vous adorent. Où les parents (surtout ceux des écoles chics) vous écrasent de leur mépris. La dernière année, la plus belle, je surveille une classe de cp dans une école qui tombe en ruines, une classe bennetton où les gosses sont de 7 nationalités differentes mais n'ont pas de quoi s'habiller les 7 jours de la semaine. Je sens que je m'attache à ces gosses, bien plus qu'à ceux des belles écoles 5 étoiles, et je sens aussi qu'il est temps d'arréter. je ne suis pas leur mère.
Par chance aprés trois mois incertains, je me trouve une formation en un an de Bts Tourisme. je fais ce bts car il me faut un diplome de niveau 3 pour entrer en école de journalisme. Et c'est repartit pour les études et le stress puisque je dois apprendre en 6 mois top chrono ce que d'autres font en deux ans. 6 mois ponctués de stages dans une agence de voyages où les collégues sont sympas mais caractérielles. J'ai appris à supporter et encaisser depuis bien longtemps. Je supporte aussi que sur les 5 élèves de ma classe (woaw! surpopulation!) il y ait le con le plus méprisable et absolu qu'il m'ait été donné de rencontrer de toute ma vie. Pour le reste tout va bien, je m'entends avec tout le monde. Crises de larmes, nuits blanches, mais dossiers bouclés. Le bts arrive! et je le rate à 58 centiemes de points, c'est décidément une habitude.
Et puis une année de néant et de chomage absolu, sans parvenir à me recaser ailleurs. tous les week ends j'ai fais des marchés, vendus des bricoles comme un stock de peignes, chouchous et autres barettes car tant qu'il y a des cheveux, il y a des clients. heureusement depuis toutes ces années je continue mon fanzine et je commence à travers mon blog et mon forum à avoir une certaine "sociabilité" sur le net. Le bts est revenu en effet boomerang; tant qu'à faire je rapasse les épreuves ratées. Il me reste encore un oral de vente à repasser le 25 juin. Qui vivra verra.
L'avenir je ne sais pas. Je rêverais de vivre de ma plume en tant qu'écrivain, ou d'écrire des articles dans un "vrai" journal ou magazine. Mais ça c'est de l'utopie. Pour le reste je sais vendre. Que ce soit des big macs, du pret à porter ou les voyages wasteels, je veux bien bosser même à mi temps du moment que je peux manger à la fin du mois. Pour le reste je sais improviser. Après tout ma vie n'est qu'un joli numero de trapeze sans filet.
maternelle : l'ennui total. Je savais déjà lire à 3 ans et on me condamnait à regarder le temps passer pendant que les autres faisaient la sieste. Je rêvais de m'évader.
CP: année banale. Je m'ennuie moins car je peux lire. Enfin!
aprés ça déménagement forçé. Malheureusement pour moi, ce fut "Bienvenue en enfer".
Du CE1 jusqu'en troisieme: je me bats pour ma survie, imaginez Laura Ingalls au milieu de l'enfer urbain. Et c'est fou ce que les gosses peuvent être cruels. Je suis trop différente, physiquement, mentalement. La fille qui lit du Zola à 8 ans au lieu de regarder Hélène et les garçons. La fille qui fait du théâtre au lieu de voler des scooters. la fille qui écrit des poèmes au lieu de dealer de la drogue. la fille qui ne se laisse pas draguer, qui ne se retrouve pas en cloque au collège. Mais aussi une fille pas méchante qui ne comprend qu'on veuille se battre contre elle. On s'acharne contre moi, physiquement, moralement, tous les jours les baffes, les humiliations, le racket. Meme le prof de maths qui me dit folle alors que c'est lui qui finit enfermé. Détruite, bousillée, je redouble ma sixieme, fais 7 tentatives de suicide. Et puis un jour je mets ko un mec qui faisait deux fois ma taille et on ne me cherche plus la bagarre. Comme entre temps je ressemble un peu plus à une femme ceux qui me crachaient dessus en 6 eme me tournent autour en 3eme. Je fuis dans les livres, me barricade, plus dure que les durs. Et puis un jour j'ai le brevet et je m'enfuis de l'enfer.
Lycée: les plus belles années. Seconde générale redoublée pour avoir été percutée par une voiture ayant occasioné un joli trauma cranien. Mais je suis retournée à la civilisation, j'ai rencontré des êtres humains. J'ai enfin de vris amis, j'écris et met en scène une pièce de théâtre, tourne un court métrage, crée un fanzine. je redouble la terminale car j'ai loupé le bac à un point. L'année suivante, je la vis en colocation dans un grenier qui prend l'eau quand la neige traverse le toit. C'est la galére, je ne mange pas toujours à ma faim, j'ai si froid que je dors avec plusieurs couches de vêtement, je ne pense qu'au bac, je suis au lycée de 6 h à 20 h c'est mon toit. un jour quelqu'un découvre que je n'ai pas mangé depuis une semaine (pas parceque je ne voulais pas mais parce que je n'avais pas de quoi m'acheter à manger) et que je risque de me retrouver à la rue pour une dette "astronomique" de 22 euros. le proviseur, ( un véritable ami) monte au créneau, il règle ma dette, et m'offre gratuitement d'être pensionnaire au lycée. émue aux larmes, j'accepte uniquement les repas, car je ne peux pas laisser tomber ma colocataire qui elle est éudiante. C'est hélas un peu tard. Affaiblie physiquement, j'ai attrappé en écopant pendant deux jours la neige tombée dans ma chambre une forme violente de méningisme. Direction hôpital , coma. je lutte pendant deux mois, survit. J'apprendrais par la suite qu'un autre patient de mon âge ayant attrappé ce même méningisme est décédé. Retour au lycée deux mois avant le bac. En me voyant on croit à un fantome. Mais j'ai la rage, je me battrais. Je repasse le bac avec un sac à dos remplis de mes affaires car mon bail s'est terminé deux jours avant, le temps de pouvoir rejoindre mes parents (qui ont encore déménagé alors que j'avais choisit la fameuse colocation) je loge durant la semaine d'examens chez une copine. repéchage. 34 points à rattrapper. Je choisis la philosophie et sartre. 18 coefficient 7 j'explose les 34. Je n'ai pas le temps de me réjouir, je dois vite récupérer mon dossier car je dois traverser la ville mon sac sur le dos pour rejoindre la gare et sauter dans le train qui me permettra de rejoindre ma famille. Perturbations, 5 heures d'attente. Je m'endors à coté de la machine à bonbons. En ouvrant les yeux, je vois à mes 15 euros, un billet de 10 et un de 5. Et c'était pas un reve. Train de nuit; j'arrive à la gare de mes parents à 23 h, tombe dans les bras de mon père. On a vaincu une année épouvantable mais on a gagné. Et au final cette année est la plus belle.
et puis je vais à la fac à côté de chez nous. License d'histoire. abandonnée la deuxieme année car je n'ai pas encore bien récupéré de mes aventures de l'année précédente. je ne me sens pas assez forte devant des études aussi lourdes.
De 2003 à 2006, la parenthèse enfantine. Je suis surveillante d'études dans les écoles maternelles et primaires. Métier où on vous demande d'être à la fois prof, nounou, infirmière, psychologue, assistante sociale, femme de ménage, plombier... métier où les enfants vous adorent. Où les parents (surtout ceux des écoles chics) vous écrasent de leur mépris. La dernière année, la plus belle, je surveille une classe de cp dans une école qui tombe en ruines, une classe bennetton où les gosses sont de 7 nationalités differentes mais n'ont pas de quoi s'habiller les 7 jours de la semaine. Je sens que je m'attache à ces gosses, bien plus qu'à ceux des belles écoles 5 étoiles, et je sens aussi qu'il est temps d'arréter. je ne suis pas leur mère.
Par chance aprés trois mois incertains, je me trouve une formation en un an de Bts Tourisme. je fais ce bts car il me faut un diplome de niveau 3 pour entrer en école de journalisme. Et c'est repartit pour les études et le stress puisque je dois apprendre en 6 mois top chrono ce que d'autres font en deux ans. 6 mois ponctués de stages dans une agence de voyages où les collégues sont sympas mais caractérielles. J'ai appris à supporter et encaisser depuis bien longtemps. Je supporte aussi que sur les 5 élèves de ma classe (woaw! surpopulation!) il y ait le con le plus méprisable et absolu qu'il m'ait été donné de rencontrer de toute ma vie. Pour le reste tout va bien, je m'entends avec tout le monde. Crises de larmes, nuits blanches, mais dossiers bouclés. Le bts arrive! et je le rate à 58 centiemes de points, c'est décidément une habitude.
Et puis une année de néant et de chomage absolu, sans parvenir à me recaser ailleurs. tous les week ends j'ai fais des marchés, vendus des bricoles comme un stock de peignes, chouchous et autres barettes car tant qu'il y a des cheveux, il y a des clients. heureusement depuis toutes ces années je continue mon fanzine et je commence à travers mon blog et mon forum à avoir une certaine "sociabilité" sur le net. Le bts est revenu en effet boomerang; tant qu'à faire je rapasse les épreuves ratées. Il me reste encore un oral de vente à repasser le 25 juin. Qui vivra verra.
L'avenir je ne sais pas. Je rêverais de vivre de ma plume en tant qu'écrivain, ou d'écrire des articles dans un "vrai" journal ou magazine. Mais ça c'est de l'utopie. Pour le reste je sais vendre. Que ce soit des big macs, du pret à porter ou les voyages wasteels, je veux bien bosser même à mi temps du moment que je peux manger à la fin du mois. Pour le reste je sais improviser. Après tout ma vie n'est qu'un joli numero de trapeze sans filet.