Un tsunami géant "probable" dans l'Atlantique d'ici 10.000 ans
LONDRES (AFP), le 02-01-2005
Un tsunami géant "probable" d'ici 10.000 ans dans l'Atlantique enverra des vagues de 10 à 100 mètres autour de l'océan, selon une étude citée dimanche par le conseiller scientifique du gouvernement britannique, David King.
Selon cette étude, mise en avant par Sir David King dans l'Independent on Sunday, ce tsunami, qui serait provoqué par le glissement de tout un pan du Cumbre Vieja, un volcan dans l'archipel des Canaries, frapperait l'ensemble des côtes de l'Atlantique et des vagues de 50 à 100 m de haut atteindraient notamment le nord-ouest de l'Afrique.
Toujours selon cette étude, signée par deux géophysiciens de renom, l'Américain Steven Ward, de l'université de Santa Cruz (Californie), et le Britannique Simon Day, de University College, à Londres, "20 à 25 mètres constitue la hauteur finale probable des vagues qui atteindraient les côtes de Floride". Des vagues de 15 à 20 mètres frapperaient les côtes sud-américaines et l'Espagne et la Grande-Bretagne seraient touchées par des vagues d'une dizaine de mètres.
Ces deux chercheurs ont fait leurs calculs à partir de la chute dans l'Atlantique d'un pan entier du Cumbre Vieja, sur l'île de La Palma. Un volcan très "instable" qui pourrait, "dans le pire des cas, perdre un bloc de 500 kms cubes, 25 kms de long, 15 kms de large et 1,4 km d'épaisseur". "L'activité du Cumbre Vieja en 1949 a provoqué le mouvement sur son flanc ouest d'un bloc estimé à deux fois la taille de l'île de Man (NDLR: au nord-ouest de l'Angleterre), et il est probable que celui-ci peut s'effondrer à tout moment dans les 10.000 prochaines années", a averti David King, dans l'Independent.
Insistant, "après ce qu'on a vu dans l'Océan indien" la semaine dernière, sur la nécessité de mettre en place un système d'alerte contre les tsunamis dans l'Atlantique Nord, M. King a estimé dans sa tribune que la Grande-Bretagne n'est pas prête actuellement à affronter ce genre de cataclysme. Selon l'Independent, l'opération Triton, un exercice effectué à l'automne 2004 sur les conséquences d'une tempête d'une ampleur comparable à celle qui avait frappé la Grande-Bretagne en 1953, tuant 307 personnes dans le nord-est du pays, démontre également la fragilité des côtes britanniques.
Au terme de cet exercice, qui analysait les conséquences probables le long des côtes anglaises d'un ouragan provoquant des vagues de trois mètres de haut, les autorités avaient en effet constaté que les défenses maritimes seraient largement inefficaces et que "la mer pourrait rentrer jusqu'à 10 kilomètres à l'intérieur des terres".