Pixy link=topic=47307.msg503645#msg503645 date=1171839581 a dit:
Ne crois-tu pas que c'est NOTRE nature qui agit, et que par conséquent parler de destin serait un bon moyen de se "déresponsabiliser" de ses actes? Je pense que chacun mène sa barque comme il le veut (peut) et que la notion de destin ne peut vraiment exister: si quelqu'un d'autre que toi ou moi vivait notre vie à notre place, il agirait sans doute avec son propre ressenti des choses, selon son caractère, ne trébuchant pas sur les mêmes difficultés, etc...donc ça changerait forcément cette existence, on ne pourrait alors plus parler de destin.
Mais forcément, on vit tous les choses selon notre vécu et nos croyances...quelqu'un qui est persuadé d'avoir trouvé LA personne qui lui correspond sur cette terre, a sans doute la tentation de sublimer les choses en croyant au destin...de même qu'une personne qui a commis une grave erreur se persuade que son destin était tracé et que rien, bien sûr, n'aurait pu empêcher son geste...
Attention, je ne dis pas que je crois au destin. Bien au contraire. Le destin, est pour moi, le concept soulageant
a posteriori d'un évènement issu du hasard. Cependant, je ne crois pas non plus au libre arbitre et à la faculté de choisir. Comme le destin, le choix arrive trop tard. Je ne pense pas que chacun mène sa barque comme il veut mais comme il est voulu à la mener.
Je m'explique : L'homme se croit libre parce qu'il peut faire ce qu'il veut. Il fait reposer la liberté sur la volonté. Mais cela impliquerait déjà que la volonté soit libre intrinsèquement (en elle même). En effet, de quoi dépend ta volonté ? Les gens répondront : bah de moi ! Autrement dis : Tu es ce que tu veux et tu veux ce que tu es ! Donc si je te demande de vouloir autre chose que ce que tu veux, il faudrait que tu sois une autre personne. Or ça tu peux pas le savoir.
Mais je peux donner aux pauvres si je veux. Le si je veux, n'est pas le siège de ma liberté mais précisément celui de mon asservissement. Ne veut pas qui veut.
Ma prétendue liberté ne réside qu'en réalité dans la rencontre entre un caractère immuable fournie par la nature et des motifs extérieurs. Cette rencontre se livre un combat, l'homme attend le couple vainqueur,
passivement, puis croit, après coup, s'être décidé. Il n'a été que spectateur. On ne peut donc rien regretter car on ne peut choisir autre chose qu'on a choisit, car pour cela il aurait fallu être un autre homme.
Sur un plan plus général, la raison est le siège des illusions à travers laquelle la nature, la vie, Dieu, cherche à développer son intérêt propre au détriment d'un bonheur ou d'un malheur individuel. Déconstruction du particulier au profit de l'universel. C'est ainsi que l'Homme pense agir pour son intérêt propre alors qu'il n'agit que pour le compte de la nature. Il interprete comme pulsion personnelle, ce qui relève d'un Vouloir Vivre universel. Aucun désir ne provient de lui. Il n'agit jamais mais est toujours agit. Et si fou soit il, qu'il souhaiterait couper les ficelles qui l'anime, il en viendrait à s'ennuyer. C'est également ainsi que la vie oscille de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui.
La seule liberté que je puisse avoir, c'est celle de me connaître moi même. C'est une liberté empirique. La prison n'est pas fait pour faire changer le criminel puisque son caractère est immuable. Mais par expérience, lui prouver que ce motif est plus contraignant, ce qui l'empêchera de renouveller ses actes. on ne peut pas changer, on peut seulement apprendre à se connaître.