Nessscafe link=topic=195.msg533663#msg533663 date=1174250967 a dit:
bon nico, va falloir qu'on parle ! :aplause:
lol quand tu veux !
Dans un esprit plus souple, l'extrait de mon roman en recomposition,
Le potentiel gâché. Dédicassé à toi ! lol
Chapitre III
De la demande incongrue
Il faut que je sache. Ca ne peut plus durer ! Je claque la porte dans un boucan effroyable, descends les marches et commence à traverser la ville à grande foulée. Le sans abri, Ben, celui à qui je donne quotidiennement une pièce n’en aura pas aujourd’hui. Il s’emporte et s’énerve dans son incompréhension.
Règle numéro 1 : Ne jamais habituer un clochard, il finit par croire que c’est naturel.
Encore quelques mètres à marcher et j’y serai. Ce n’est pas très loin mais pourquoi n’ai-je pas pris la voiture. Qu’importe ! Je me trouve maintenant devant l’immeuble. J’entre dans le hall et appuie sur sa sonnette défoncée. Aucune réponse. J’appuie encore et encore. Il faut qu’il m’ouvre. Il faut qu’il m’ouvre. Toujours rien. D’un geste brusque et incontrôlé, je frappe sur sa porte à plusieurs reprises. J’entends alors le verrou tourner. Mon c½ur ne fait qu’un tour lorsque la porte s’ouvre en grand. Il est nu, la main sur la poignée. La situation me calme instantanément. Il se trouve là, droit comme un piquet, à poil et sans pudeur devant moi. Je commence à le connaître mais putain, ce n’est pas difficile de se foutre un caleçon ou un peignoir. Il me demande de regarder la ligne. Il me montre du doigt la ligne qui sépare son studio pourri du couloir. Le trait qui nous sépare l’un de l’autre.
- Celle ligne distingue ce qui m’appartient de ce qui ne m’appartient pas. Etant très près de la frontière, mais toujours du côté de ce qui m’appartient, j’ai le droit de me foutre à poil si l’envie m’en chante.
Je reste silencieux un temps. Pourquoi a-t-il besoin de montrer ou démontrer des conneries. Je sais bien qu’il a le droit de se foutre à poil mais c’est une question de pudeur. Tout le monde n’a pas envie de voir sa queue.
- Que tu crois…
Sa jeune voisine passe momentanément derrière moi. Elle sourit timidement, rouge de honte osant à peine le saluer. Il lui fait un sourire de playboy accompagné d’un geste de main.
- Fous toi à poil et c’est les autres qui en sont gênés à ta place.
Il mate son cul jusqu’à ne plus pouvoir le voir. Je l’observe. Je sais à quoi il pense. Il pense à dépasser la frontière un soir pour lui demander du lait ou du beurre dans sa tenue sauvage. Leonhart n’est pourtant pas un adepte de l’effraction. En tout cas, moi je veux passer la frontière de suite. Je commence à en avoir marre d’attendre sur le palier. Il faut que je lui demande. Il faut que je sache maintenant. Il se retourne et va s’étendre sur son canapé rappelant les héros peint de la mythologie grecque.
- Que peux tu me dire de si important qui puisse justifier tes huit coups de sonnettes et tes cinq coups sur ma porte.
Bordel. Mais a quoi ça rime tout ça. A quoi ça rime. Je le vois froncer les sourcils comme s’il ne comprenait pas ce dont je suis en train de lui parler. Arrête ta fausse incompréhension. J’arrivais en haut de la montagne et là je suis en train de redescendre. Il y a tout ce que je pouvais avoir mais que je n’aurai plus. Il y a tout ce que j’ai mais que je suis en train de perdre. Il croit que je nique mon potentiel. C’est bien pire que ça. C’est comme si je n’avais plus de potentiel. Il se redresse et j’avale ma salive. Il me fixe sans rien dire de ses yeux verts.
- Tu perds tes repères, je sais au fond de moi que tu surmonteras cette étape.
Mes yeux me piquent. Mes yeux deviennent rouges. Mes yeux versent des larmes. Je coupe leur trajectoire d’une main. Je n’ai pas pleuré depuis que j’ai 12 ans. Tout m’échappe. Je ne contrôle plus rien. Les évènements ne sont plus déterminés par mes actions, tout devient un pur hasard. Le monde tourne comme si je n’existais plus. Mes tentatives pour le redresser sont vaines. Elles n’ont plus aucun effet. Faut que je respire. Faut que je respire. Je respire. Merde…
- C’est ce que je me suis dit aussi quand j’ai réalisé l’abysse de la deuxième étape.
Le réel qui s’impose devant moi me laisse muet. Aucune issue. Rien. J’en viens à me demander pourquoi il m’a fait sortir de cette matrice. Pourquoi il m’a fait devenir un spectateur passif. J’étais plus heureux dans mon ignorance.
- Arrête de croire que les simples d’esprits sont heureux.
Eux au moins ne se posent pas de questions. Ils ont cette chose en moins qui leur permettent de vivre. Ou peut être simplement cette chose en plus qu’est l’idiotie.
Non. Je sais que les simples d’esprits ne sont pas plus heureux que moi, bien au contraire. Ce n’est pas l’idiotie qui les empêche d’être heureux, c’est l’illusion. Malheureusement, les deux sont fort souvent corrélés. L’illusionné est souvent l’idiot. Il ne faut pas croire que l’illusion soit un mal nécessaire.
Leonhart dit que les vrais Hommes savent effacer les chimères, et apprennent à supporter la Réalité. La Vie pour ce qu’elle est. Alors naît la Joie incausée.
Il faut que j’arrête de jouer les sages ignorants, je lui pose des questions auquel je connais déjà les réponses. Je bois ses paroles comme s’il était un Evangile. Il y a trois étapes de la vie.
Je le vois se relever. Il a une demi érection. Il murmure qu’il y a trois étapes dans la vie.
Je traverse la deuxième étape, il doit s’en rendre compte. Je lui pose des questions auquel je connais déjà les réponses. Impossible d’accepter les réponses. C’est ça le propre de la deuxième étape.
Il se dirige vers ses toilettes. Je m’assois sur son canapé sans bouger repensant au pourquoi de mon arrivée chez lui. Le bruit de la pisse qui coule m’empêche de réfléchir. Il revient vers moi sans s’être laver les mains. Je peux me taire mais je ne peux vouloir le faire. Pourquoi il ne se lave pas les mains ?
- Je ne me suis pas pissé dessus. Pourquoi je le ferai ?
Leonhart ne devait se laver les mains que lorsque de l’urine se déposait sur elles. Il considérait que son pénis était comme toutes les autres parties de son corps. A y penser, il n’avait pas réellement tort. C’est ce qui explique aussi pourquoi il ne se cache pas la bite. On voit bien son visage, pourquoi on ne verrait pas son pénis.
Le problème avec Leonhart, c’est que dès qu’on pense à ce qu’il dit, on s’aperçoit qu’il a souvent raison.
Il s’habille de son jean bleu délavé après avoir enfilé un caleçon propre. Il ouvre sa commode et prend le premier t-shirt unicolore qui lui vient.
- Pourquoi tu ne me dis pas pourquoi tu es venu ?
Mon c½ur est à nouveau lourd. Je sens l’agacement et le stress m’envahir. Le même stress qui s’opère lors des résultats d’un examen. Tout a beau déjà avoir été joué, il reste encore l’angoisse du constat des résultats. Ma tête de dépitée, mes questions à la con, les coups sur sa porte lui fait croire que je ne viens pas là pour lui parler de la deuxième étape. Dans un élan d’angoisse. Je m’apprête enfin à regarder les résultats.
Est-ce qu’il a couché avec Rachelle ?