kanasucr a dit:
sarahngu >> très bien ta petite histoire tu en as d'autres ?
oui, j'en ai d'autre que j'ai écris bien avant d'avoir un ordinateur chez moi... elles sont sur papier. il faudrait que je les retape en fait...
voyons voir... Celle-là est purement fictive... J'ai essayé d'imaginer une situation qui pourrait me pousser à bout, et je crois qu'en recevant ce genre de lettre, tout le monde pèterait (excusez-moi de l'expression) un cable ! :twisted:
UNE LETTRE
Rapport de police
Ins Batang
Le 28 avril 2005 à 16:05
« Suite à un appel de Mme Gypseux, concierge dans l’immeuble situé au 23, Chapeltown Main street à Perth, mon collègue, Frank Darrieux et moi-même, nous y sommes présentés. Mme Gypseux nous affirma sentir une odeur désagréable émaner de l’appartement 24D situé au troisième étage et que les locataires, M et Mme Gregory HONTAIS, avaient disparus.
Nous sommes donc montés au troisième étage, la concierge nous ayant donné une clé, nous nous apprêtions à entrer quand nous fûmes frappés par une odeur insupportable : une odeur de cadavre.
Nous avons donc ouvert la porte.
A l’intérieur de l’appartement régnait un chaos incroyable : les meubles étaient sans dessus-dessous et/ou cassés, révélant une ahurissante bagarre dans tout l’appartement. Les rideaux étaient arrachés des tringles et étaient complètement déchirés, la télé gisait sur le sol, brisée ; dans la cuisine les portes de placard étaient également cassées, les tables fendues en deux (sûrement frappées avec un objet style marteau ou massue). Tout, jusqu’au moindre détail, était détruit.
Un véritable capharnaüm.
Il était clair que quelqu’un s’était battu ici et avait vraisemblablement perdu, car son adversaire avait minutieusement détruit tout sur son passage, y compris les divers ustensiles de cuisine, les brosses à dents, en passant par le canapé, le lit et des objets anodins comme des sucriers en porcelaine.
Enfin, dans la chambre à coucher, une preuve incontestable que quelque chose avait eu lieu dans cet appartement : il était inscrit sur un mur en lettres rouges (nous attendons les analyses pour savoir s’il s’agit de sang) : ALORS GREG, ELLE TE PLAIT COMME ÇA ?
Mais toujours pas de corps. Pourtant l’odeur était bien là, impossible de s’y habituer tant elle nous prenait à la gorge.
Puis Frank aperçut un pied, nu, tâché de sang, dépassant de sous un matelas éventré. Nous dégageâmes le matelas. Un corps de femme de race blanche, nu, gisait sous nos yeux, recouvert de bleus, d’ecchymoses en tout genre et de coupures des pieds à …
Là était le problème. Là où était censé se trouver la tête, il n’y avait qu’une masse sanguinolente et cartilagineuse entourée de cheveux. Il ne restait plus rien d’humain ni de reconnaissable sur le visage de la femme, tout avait été pilé et broyé méticuleusement, tout comme le reste de l’appartement.
D’après le rapport du médecin légiste, la jeune femme, Mélanie HONTAIS, 24 ans, est morte suite à des coups donnés au visage avec un objet lourd comme un marteau ou un maillet, tel que je l’avais supposé plus haut.
Après avoir fait des recherches et relevé de multiples empreintes, hélas peu nombreuses malgré le chantier provoqué par l’agresseur, nous avons découvert une lettre (pièce-jointe) que la victime, Mélanie HONTAIS avait écrit deux jours avant de se faire tuer.
Je pense que cette lettre pourra servir de mobile assez solide à l’assassin.
Nous continuons les recherches dans l’entourage de la victime.
Nous recherchons activement Gregory HONTAIS, le mari de la victime. Nous n’avons pour l’instant aucune piste sûre sur l’identité de « Picachu », la personne a qui Mme HONTAIS a adressé cette lettre – suspect numéro un de cette affaire. »
Fin du rapport de police
Ins Batang
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Pièce-jointe : lettre que Mélanie HONTAIS (victime) a écrit peu de temps avant sa mort. Nous supposons que cette lettre a été apporté sur les lieux du crime par l'assassin.
Le 18 octobre 2004
Salut Picachu,
Cela va bientôt faire 10 ans que nous nous connaissons jour pour jour.
Je t’ai connue en sortant de l’université, moi diplômée de droit et toi diplômée d’arts appliqués.
Connaissais-tu Gregory à cette époque-là ? Je ne m’en souviens plus.
Toutes ces années que nous avons passées ensemble… tu en gardes un bon souvenir n’est-ce pas ?
Et bien moi non. Tu as passé ton temps à m’humilier, à me prendre pour ton larbin et à faire de moi ta chandelle… tu t’es moqué de tout ce que j’accomplissais, me rabaissais tout le temps, mais tu sais, « Picachu », c’est toi la plus à plaindre.
Tu crois que ton pseudo-art se vendra un jour, tu te crois à la hauteur d’un Picasso ou d’un Monet ? Laisse-moi te dire que même un clébard ne voudrait pas pisser dessus, ma chère, oh non…
Tu crois que tu as des amis qui tiennent à toi, mais tu n’es que leur bouffon de service ! Lorsqu’on t’invite, c’est pour mieux se foutre de ta p***** de g***** !
Tu sais pourquoi tes parents te renient, ma « chérie » ? C’est grâce à moi ! ils ont tellement confiance en moi, ces pauvres idiots ! Je leur racontai tout ce que je voulais sur ton compte et ils me croyaient !
Et tu sais comme je mens bien. Qu’est-ce que je mens bien !
Gregory m’a toujours cru quand je lui ai dit que tu le trompais avec tout ce qui bouge. Il fallait voir comment il était furieux !! Mais moi je l’empêchais de faire une bêtise, bien sûr, je le calmais pour qu’il n’aille pas te voir en te demandant des explications.
Et toi tu n’y voyais que du feu. Tu ne savais même pas que tu étais censée avoir autant d’amants, plus que tu n’en as jamais eu en vérité.
J’ai toujours été gentille avec ton Greg bien-aimée. Et lui est devenu très gentil avec moi. C’est d’ailleurs lui qui a fait le premier pas. Et il a insisté pour que tu n’en saches rien… puisque tu le trompais dans son dos, il pouvait le faire aussi dans ton dos. On était ensemble quand tu m’appelais en pleurant, pendant que tu me disais que tu l’aimais, lui il m’embrassait. C’était dur de ne pas rire ! Tu te souviens de ces soirées chez toi, tu étais toujours furieuse parce qu’on riait ensemble, de choses que tu ne comprenais pas et ne savais pas. On te regardait en douce, on se moquait de toi… On te haïssait ensemble !
Et moi pendant tout ce temps-là je vous ai regardé vous détruire tous les deux… J’étais heureuse et triste à la fois. Heureuse parce qu’il m’aimait et triste parce que personne ne le savait. Heureuse qu’il me revienne toujours après t’avoir vu, triste quand je le voyais parce que je savais qu’il était avec toi. Des années de douce torture…
~
Maintenant tu as le droit à la vérité…
Je suis partie il y a trois mois à Boston. Je t’ai dit vouloir jouer les Ally McBeal. C’est un peu vrai. Sauf que, comme tu as du le remarqué, ma lettre vient de Perth, en Australie.
Quand tu as vu la lettre tu as du te dire que cela venait de Gregory, qui est parti poursuivre sa carrière chez les kangourous, qui t’écrivait un mot doux… et bien non !
Là tu commences à comprendre, hein, Pica-picachu ?
Bref, tout ça pour te dire que Greg et moi venons de nous marier, en grande pompe. Le mariage dont tu rêvais, toi, au bord de l’océan, une magnifique robe blanche avec une longue traine, un mari fou amoureux de moi et l’argent qui coulait à flot… il fallait bien ça, puisque cela fait 9 ans que nous sommes ensemble.
Voilà la vérité.
Nous coulons des jours heureux à Perth, et nous t’avons éjectée de notre vie. Tu peux raconter tout ce que tu veux à tes parents et au peu d’amis qu’il te reste, je suis enfin heu-reu-se sans toi.
Et Gregory, et bien, c’est simple, il ne parle même plus de toi. Il t’a oublié, tout simplement. Au début, il parlait de toi, il se moquait de toi, puis petit à petit, il a cessé de penser à cette fille qui le prenait pour un con et qu’il a prise pour une conne.
Sa vie tourne aujourd’hui autour de la mienne. Ma vie, qui n’a jamais été aussi bien. Nous formons un couple heureux et nous envisageons d’avoir un enfant, et d’autre ensuite.
Il fut une époque où il t’aimait si fort… Heureusement que j’étais là pour le sauver.
Adieu,
Mme Mélanie HONTAIS,
Fraîchement mariée…