Je suis d'accords pour dire que les croyants choqués par l'autorité du Pape n'ont qu'à devenir protestants, mais ils peuvent aussi vouloir garder leur catholicisme (souvent qui se transmet traditionellement) et en avoir marre d'avoir un pape aussi con.
Là ou je ne vous suit pas c'est quand vous sous estimez la parole du pape, quand on parle entre gens instruits je vous suit. Mais en Afrique et en Amérique latine, il existe des gens qui suivent le pape comme le Messi, il y en a même aux USA, en fait il y en a partout. Le pape est censé être celui qui montre la voie, mais il a cette légitimité car il est censé être plus intelligent, on se rends compte que le pape est un salaud. Quand la connerie remplace le bon sens ça donne Benoît 16.
Mais faut arrêtez de penser que les gens qui croient, même dans les pays pauvres, sont des idiots endoctrinés qui ne savent pas ce qu'ils font.
Ils sont sans doute les plus catholiques de tous.
Après c'est l'éternel débat : le Pape se doit de perpétuer un message vieux de 2000 ans (au moins) : où commencent et où s'arrêtent l'ajout et la modification par rapport au message biblique ?
Le Pape a le "cul" entre deux de chaises : il doit rester fidèle à ce message, à ses principes, et parfois à ses incohérences, tout en devant vivre dans le siècle, tout en devant guider les croyants.
Maintenant, je te dirais bien que la "société" (la notre) tend tellement à tout pousser à l'extrême, quelque soit le domaine (le sexe, comme le profit, la fête, le travail, etc.), que l'Eglise se place automatique à l'opposé du miroir dans un rôle tout autant extrême.
C'est très souvent dans ces situations là que l'Eglise adopte ses dogmes les plus choquants pour cette société.
Ce fut le cas, comme tu le disais, avec l'infaillibilité pontificale, mise en place à la fin du XIX° siècle lors de Vatican I, en pleine montée des socialismes, du républicanisme, de l'anticléricalisme. C'était le gros pied de nez fait à l'Europe de l'époque, qui espérait.. non qui croyait dur comme fer que l'Eglise allait se plier devant ses courants de pensée. Bref, le coup plus politique que religieux.
Maintenant, le problème qui se pose dans notre cas est double je dirais :
- Le Pape doit trancher des problèmes de société difficile à discuter, l'avortement par exemple, et rester fidèle à cette position jusqu'au bout.
Ça implique déjà de se mettre à dos tout ceux, même catholiques, qui ne sont pas d'accord. Mais en plus de réveiller les plaintes lorsque des "cas", des "faits" montrent l'ambiguïté du problème, et toute la dimension humaine, et donc originale, qui en découle, et que le Pape est obligé de se positionner.
- Le second est un peu plus "philosophique", ou humain dirons nous. Le Pape, comme l'Eglise, est humain, donc perfectible. Certes le Pape est
inspiré par le Saint Esprit, par Dieu quoi, mais il n'empêche qu'il reste humain et ses actes aussi. En cela, tous les autres humains ont tout le loisir d'y déceler les limites et de trifouiller dedans alors même qu'ils ne sont pas concernés dans l'absolu ; ou alors qu'ils sont conscients de la complexité du problème et ils profitent que le sujet soit abordé pour 1) débattre et émettre leur avis sur la question, 2) critiquer le Pape pour x raisons personnelles ou non.
Ce qui fait qu'on arrive à ce problème : une limite à un problème sous la forme de cette enfant violée, puis l'application, je dirais presque "bête et méchante", de la prise de position de l'Eglise, et enfin le débat qui transcende la croyance, parce que problème de société.
Mais qu'on soit clair, si l'Eglise avait été pro avortement, et qu'une mère avait préféré garder l'enfant de sa fille violée (et morte en couche), l'Eglise aurait très bien pu excommunier la mère parce que n'ayant pas voulu privilégier la vie de sa propre fille. Et le débat aurait tout autant divisé.
Parce que le problème, c'est pas l'excommunication, mais bien de savoir si l'avortement est "bon" ou "mauvais" (et pas "oui mais ça dépend de" ou "non, sauf si..."

. L'Eglise donne sa vision manichéenne en quelque sorte à ce problème et l'a appliqué.
Au fond, la mère, et sa fille d'ailleurs, pourront quand même communier. Il leur suffira d'aller dans une autre paroisse, voir un prêtre 'dissident'. Comme à chaque fois. L'excommunication même symboliquement très forte, peut être contournée.
Après avoir été violé et avoir du avorter, elle subit la souffrance supplémentaire de voir sa mère excommunier, l'opprobe sur toute sa famille.
Je ne pense pas que ça va favoriser l'image de l'église, mon empathie pour elle et sa souffrance me rends triste de voir un pape aussi extrémiste.
Mais il n'est pas extrémiste ce Pape. Je le répète.
Il est juste... Pape.