Merci pour ses informations P. Thiberge.
Rah, ça m'énerve un peu de revoir sans arrêt, lorsque l'on parle de Benoit XVI, son passé dans les jeunesses hitlériennes... Quand est-ce que les gens vont comprendre que tous les p'tits allemands de cette période y étaient enrôlés de gré ou de force. Le père de J. Ratzinger était on ne peut plus opposé au régime nazi, condamnant "Hitler comme étant l'Antéchrist".
Les historiens et biographes de Benoit XVI sont clairs là dessus : Joseph, lorsqu'il dû joindre en 1943 les jeunesses hitlériennes et la défense antiaérienne munichoise, jamais il n'a été favorable à la pensée nazie. Jamais.
Et on ne peut pas constamment le définir comme traditionnaliste. Il a toujours été proche du futur JPII, il a participé comme expert théologique à Vatican II, et adhérait aux mouvements de pensées organisés autour d'Henri de Lubac et de Jean Daniélou !! Y a pas plus moderniste que ces deux derniers !
Pour JPII, je serais moins mélioratif que vous à son sujet. Sur les points de vue humain et social (dans un registre plus œcuménique que catholique), il est indéniable qu'il a beaucoup apporté. Par contre, au niveau de la doctrine chrétienne, il est quand même à la source ou à contribuer à creuser pas mal de divorces, notamment avec Mgr Lefebvre. Je pense notamment à 1986, quand JPII, lors d'une rencontre interreligieuse, encouragea fortement ses cardinaux et évêques à prier une statuette de Bouddha posé sur l'autel de Saint Pierre. Il n'y a pas besoin d'être un "tradi" pour trouver cette pratique carrément contraire aux fondements même du christianisme ("Un seul Dieu tu adoreras" ; "Les dieux des gentils sont des démons"

. Le schisme qui a conduit la Fraternité Saint Pie X de Lefebvre à divorcer d'avec l'Eglise.
Pour Pie XI, il n'y a rien à dire sur ses liens avec le nazisme. Il a été l'un des premiers hauts personnages de l'époque à le condamner, les historiens sont formels là dessus.
Pour Pie XII, c'est autre chose, c'est vrai. Je pense qu'il était coincé. Qu'il a dû faire un choix difficile : face à la Bête, soit il l'affrontait de face et par cette action encourageait Hitler à s'attaquer aussi aux chrétiens (chose qu'il avait déjà commencé à faire hein (parce qu'il y en a eu des chrétiens déportés et exterminés juste parce qu'ils étaient chrétiens)), soit il protégeait ses ouailles en priorité. Il a choisi cette dernière (et ça donne tout son sens à la phrase de Paul VI).
A savoir si c'est Bien ou si c'est Mal, si il aurait dû faire l'inverse... Avec le recul, la posture la plus héroïque, la plus universellement positive serait l'inverse. Mais au moment des faits, on peut comprendre son choix.
Maintenant, on est d'accord, cette attitude de neutralité a amené une certaine passivité envers l'antisémitisme. Même si il y a plusieurs choses à remettre en place à ce sujet :
- Il a mené des actions pour les résistants et les juifs dès 1943 De nombreuses institutions catholiques comme le Séminaire romain ou l'Institut de Propagation de la Foi, ou encore la Bibliothèque vaticane abritèrent des milliers de réfugiés politiques italiens (et de celà A. Einstein témoignera).
- Toujours à partir de 1943, il contrera l'idéologie nazie, en la condamnant sans ambages !
- Rappelons quand même qu'il est un peu facile de "juger" avec 70 ans d'écart. Comme si tout semblait clair et absolument certain au moment des faits. En 1938, rare était les personnes qui voyaient une guerre se profiler (souvenons-nous de Daladier qui descend de son avion et qui voit la foule l'acclamer alors qu'il vient de signer les Accords de Munich avec Hitler, Chamberlain et Mussolini (si je ne me trompe pas) où rien de bon n'est à prévoir. Il lâche à son collègue un "Ah les cons, si ils savaient", tant il est ahuri par l'aveuglement des gens).
Il y a eu des pages et des pages qui ont été écrites à propos du "qui savait" "quand on savait" "avait-on des preuves" de ce qu'il se passait à propos des juifs. Si l'antisémitisme des nazis est connu depuis le début (Dès Mein Kampf de toute façon), quand est-il réellement de cette solution finale. Combien de politiques ont-ils 'avoués' ne rien savoir avant d'entrer dans les camps ? Combien y ont eu vu un gros mensonge et combien de théories du complot avons nous lu à ce sujet ("ça arrangeait tout le monde" blablabla) ?
En histoire, on apprend à constamment remettre dans son contexte ce qu'on étudie et à bien étudier les sources en elles-mêmes avant de les interpréter. C'est pour ça que quand tu me dis que le NYT sort des documents indiscutables sur le sujet, alors qu'on sait tous très bien que NYT est dirigé depuis des décennies par les Sulzberger, famille juive, comme son nom l'indique, et foncièrement ancrée dans une logique de défense acharnée de tout ce qui tourne autour du drame de l'Holocauste, bref on peut douter, ou en tout cas émettre des réserves sur ces documents, alors que les historiens du monde entier, tous touchés par ce drame évidemment, ne sont pas aussi formels à propos des prises de décisions politiques des hommes d'État de la WWII et de ce qu'ils savaient ou ne savaient pas, et du pourquoi de leurs actions.
Pour Paul VI, plutôt que la citation que tu cites, c'est son encyclique
Humanae Vitae qui est la plus controversable (et qui rejoint le sujet du topic en fait : la condamnation de la contraception artificielle).
Maintenant, on en revient à la remarque de MARQUIS : je ne vous cache pas que je connais aussi pas mal de chose sur les Papes. C'est pour ça que je ne suis pas d'accord avec sa remarque genre les Papes disent blanc, mais font noir, surtout vis à vis des Papes actuels.