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Pour ou contre le service militaire

Seriez vous pour ou contre la remise en place du service militaire???


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Mlle G link=topic=14560.msg434980#msg434980 date=1164393963 a dit:
on y gagne le respect pour commencer je penses... quand on voit ce qu'il se passe aujourd'hui...

le respect c'est pas l'armée qui te l'apprend, ce sont tes parents à travers l'éducation
 
délire link=topic=14560.msg436402#msg436402 date=1164578078 a dit:
C'est pas faux. Disons que ça peut permettre à certain(e)s jeunes en déroute de trouver des repères, ou de trouver une formation (on peut sortir avec un métier de l'armée).
bah dans ce cas tu t'engages !

Pumapills link=topic=14560.msg436484#msg436484 date=1164617796 a dit:
le respect c'est pas l'armée qui te l'apprend, ce sont tes parents à travers l'éducation
c'est clair...
 
Mlle G link=topic=14560.msg434980#msg434980 date=1164393963 a dit:
on y gagne le respect pour commencer je penses... quand on voit ce qu'il se passe aujourd'hui...
Le respect de &quot;supérieurs hierarchiques&quot; aux compétences inexistantes et à la frustration évidente ? Bof ... Nombre d'étudiants se sont retrouvés pendant leur service à nettoyer les wc pour satisfaire les bas instincts de &quot;fonds de cales&quot; qui abusaient ouvertement de leurs grades... C'est à dégouter de toute notion de &quot;respect&quot; ! ... :knuppel:
L'armée a été, il faut savoir s'en souvenir, un des plus beaux outils de dénigrement de l'intelligence et de la culture , au nom de valeurs artificielles et autoritaires ...
 
délire link=topic=14560.msg436402#msg436402 date=1164578078 a dit:
C'est pas faux. Disons que ça peut permettre à certain(e)s jeunes en déroute de trouver des repères, ou de trouver une formation (on peut sortir avec un métier de l'armée).
Une formation réelle dans l'armée ??? Il faut me citer des cas probant, car même les ex &quot;de carrière&quot; n'arrivent à trouver que dans la sécurité ou le gardiennage ....Il n'y a que ceux qui ne connaissent pas l'armée, qui ne ne l'ont jamais connue, ou qui veulent en donner une image faussée et idyllique qui peuvent oser parler d'&quot;entreprise formatrice&quot; ...L'armée a été une usine efficace pour écraser les personnalités, et a réussi à briser aussi quelques jeunes parcours ( j'ai eu le cas d'un suicide d'appelé dans mon régiment, qui n'avait pas pourtant un caractère disciplinaire)...
 
Arrêtez de vous baser sur les souvenirs de ceux qui on fait leur service avant 1990 car aprés cette date l'aspect technique et professionel de l'armée a rendu le conscription complètement dépassée...( fini l'armée de grand papa)

Lisez ce témoignage, je trouve que c'est une bonne piqûre de rappel pour ceux qui ne connaissent le service militaire qu'à travers les jeux vidéos et les spots publicitaires...

Calcul simple multipliez le nombre annuel d'appelés (250 000) par 300 jours (10 mois) , et divisez le tout par 29200 (nombre moyen de jours dans une vie humaine). Chaque année, l'armée engloutissait l'équivalent de 2568 vies humaines. Même sans guerre, l'armée restait une usine à tuer. Une mort douce par mélancolie grise et diluée.

Je n'ai eu aucune souffrance à endurer. Je travaillais toute la journée à compter des boulons et à saisir des données sur un ordinateur. Pas de violences sur moi. Une bouffe trop peu abondante, mais correcte (seulement deux infections en 10 mois).

Mais je n'étais pas libre. Pendant 10 mois, je n'ai pas été libre de mes mouvements. Je ne pouvais pas dire &quot;je m'en vais plus tôt&quot;, ou dire &quot;ras le bol, je me casse&quot;. Pendant 10 mois, je n'ai rien choisi de mes jours. J'ai vécu un état intermédiaire entre le prisonnier, l'écolier et le patient hospitalisé. Des horaires partout, pour se réveiller, s'habiller, se laver, faire le ménage, manger, travailler, se détendre.

C'était une peine de prison réglementaire : pas de barreaux, pas de matons, mais un simple retard de 5 minutes à l'appel vous coûtait 5 jours de prison. Et on ne pouvait pas descendre, dire &quot;j'arrête&quot;, présenter sa lettre de démission. Rien de tout cela.

J'ai toujours regardé avec la plus immense compassion toute personne privée de sa liberté par l'Etat, même le VSNE dans sa planque, même l'objecteur de conscience en &quot;demi-vie&quot; dans son association de quartier.
Je plains depuis tous les prisonniers, même ceux coupables des plus terribles crimes.

C'était un impôt qu'on versait en temps, et c'était donc le plus inégalitaire des impots, pas seulement parce qu'il ne touchait que les hommes (des adultes, responsables, autonomes…), mais aussi parce qu'il est de la même durée pour les plus pauvres, malgré leur espérance de vie réduite par rapport aux riches.

Cet impôt aurait pu être intelligent… après tout, l'armée d'appelés, pourquoi pas ? UN impôt progressif, indexé sur le niveau de vie, perçu par des militaires responsables ave des missions précises (je rêve)

Mais non, c'était foutu de toutes façons, et depuis des années, peut être depuis le début. Le service militaire était déjà condamné il y a longtemps….

Il y avait cette espèce de fausse éthique de l'honneur militaire à la « mord moi le n½ud » : les grades à apprendre et restituer par c½ur, l'idée du &quot;devoir sacré de la patrie&quot;, la place stupide et anti-pragmatique faite aux &quot;traditions militaires&quot;.

Il y avait l'exclusion érigée en système : les bac -4 aux travaux pénibles, les bac+4 devant les ordinateurs. Le mépris entre les appelés de classes sociales différentes : pas de brassage, une simple cohabitation. Eh oui, la &quot;camaraderie militaire&quot;, ça n'existe qu'en temps de guerre, quand effectivement un plus pauvre ou un plus riche que vous peut vous sauver la vie. En temps de paix, on se méprise, on s'insulte, on se déteste.

Il y avait cette atmosphère glauque, faite d'ennui; de fadeur du travail… cette fadeur est évoquée dans Dostoïevski (souvenirs de la maison des morts) ou dans la vie en camp de travail &quot;soft&quot; (dans &quot;La plaisanterie&quot; de Kundera). C'est le goût du temps perdu à faire ce qu'on ne veut pas faire.

Il y avait les départs en permission où la simple idée du retour vous fichait le cafard.

Il y avait cet état de soumission, si facile à obtenir de personnes qui n'ont dormi que trois heures, et qui permet de maintenir la discipline au cours de deux mois de classe.

Il y avait le bâton, et jamais la carotte.

Il y avait les parents qui disaient &quot;allez, c'est un mauvais moment à passer&quot;, ou &quot;j'y suis passé moi aussi&quot;… et la réponse impossible à formuler, l'impossibilité de faire comprendre que l'absurdité que nous connaissions était au delà de toute formulation (voir l'excellent &quot;Presque…&quot; de Larcenet, aux Rêveurs de Runes). Ce sentiment d'être ailleurs, cette difficulté de parler aux proches et aux amis, l'impression perpétuelle d'être en sursis au cours des permissions.

Il y avait l'absurdité, l'absurdité, l'absurdité… L'absence de sens de ce que nous faisions.

Il y avait ce grand père de 87 ans qui, m'ayant raconté combien l'armée lui avait appris, avait conclu &quot;Oui, mais pour vous, les jeunes qui vont à l'école, c'est idiot de vous faire faire toutes ces bêtises&quot;. Merci Papi, j'ai pas oublié.

Il y avait ces vieux bornés de 65 ans qui avaient connu l'armée, mais en guerre, et qui trouvaient que ce que j'avais vécu, c'était de la petite bière.

Il y avait ces mères qui me disaient &quot;vraiment ? Je suis très étonnée de ce que vous dites… le fils de mon amie XXXX a fait les EOR, il est ravi… il dit que c'est une bonne expérience de conduite des hommes&quot;

Il y avait ces baby boomers à la con qui me parlaient de devoir, de Nation et d'intégration sociale en me racontant leur coopération à Lima et de leur fils qui allait faire un VSNE

Il y avait ce pauvre bougre qu'on baratinait pour leur faire faire un VSL à 1600 balles par mois pour réparer des bidets en Bosnie.

Il y avait les gens à qui je rabachais, durant mes permissions, &quot;fais toi réformer, c'est possible, c'est facile, fais le avant qu'il ne soit trop tard&quot; et qui finissaient, par passivité, ou par crainte…, par partir quand même…

Il y avait cette certitude absolue de ne servir à rien, qu'on trouve très souvent au sein de l'armée de terre, même chez les engagés. En temps de guerre, la caserne ou je me trouvais aurait été incapable de se défendre contre un commando entraîné. Elle aurait été décimée par une simple journée de marche en automne (les toiles cirées n'étant pas étanches, le rhume aurait vite eu raison de nos braves pioupious).

Il y avait ce fascisme ambiant chez 9 officiers sur 10. Je dis bien fascisme, ce n'est pas une figure de style : j'entends par là une vision purement élitaire de la société, divisée entre les &quot;Purs&quot; et les &quot;loques&quot;. C'est normal lorsqu'on a des dynasties de militaires de père en fils.

Il y avait des personnes incapables de défendre la démocratie, non seulement parce qu'ils n'y croyaient pas, mais encore parce qu'ils étaient incompétents, même aux arts militaires. On a toujours dit que l'armée française était en retard d'une guerre. A présent, le retard s'est accru : on s'en sortirait tout juste en 1914 face aux armées du Kaiser.

Il y avait ce &quot;désapprentissage&quot; de la vie civile. Des gens a priori normaux, ramenés à un age mental de colonie de vacance, la bière et les armes en plus.

Il y avait la corruption minable et gagne petit, le gaspillage, la veulerie, l'alcoolisme institutionnalisé…

Il y avait la &quot;fête&quot; du régiment (présence obligatoire des appelés, d'où une permission en moins, 5 F la bière).

Il y avait, le jour de ma libération, un autre contingent de bleus qui arrivait en sens inverse… Et moi qui soupirait &quot;oh mon Dieu… mais ça va durer encore longtemps ???&quot;

Tout l'apprentissage que j'en retire, je l'ai acquis en quatre ou huit semaines de classes :
- Se méfier de tout militaire, quel qu'il soit (même s'il est gentil, il peut être très con. Et même s'il est gentil et intelligent, il a derrière lui les plus cons des plus cons et les plus méchants de tous les cons)
- Un militaire est souvent avant tout un inapte à la vie civile.
- une administration peut être à 100% autocentrée et fonctionner entièrement à vide pendant des années sans que personne ne s'en aperçoive ni réagisse.
- Leçon de management : pour rendre fou un subordonné et le faire virer, il suffit de ne pas lui expliquer le pourquoi d'un ordre. Résultat garanti.
- On peut faire faire n'importe quoi, y compris les pires atrocités (même si, Dieu merci, je n'ai rien vu de tel), à un groupe de bidasses pas très futés, pourvu qu'on limite leur sommeil à 3 ou 4 heures par nuit. C'est pour moi un des facteurs essentiels qui ont permis la torture en Algérie, et nombre de massacres dans les dictatures militaires.

Plusieurs fois par an, je fais ce cauchemar : on me dit qu'il y a eu une erreur administrative, qu'il n'y a pas trace de mon ancienne incorporation, que je dois repasser 10 mois sous les drapeaux. Et quelque chose en moi hurle.
 
- Se méfier de tout militaire, quel qu'il soit (même s'il est gentil, il peut être très con. Et même s'il est gentil et intelligent, il a derrière lui les plus cons des plus cons et les plus méchants de tous les cons)

On peu être trés intelligent et con à la fois !
 
Contre le service militaire. Pas parce que je suis contre la guerre, pacifiste ou autre elucubrations humaniste... Mais juste parce que j'suis feneant.
 
Le cancre link=topic=14560.msg443188#msg443188 date=1165307328 a dit:
Contre le service militaire. Pas parce que je suis contre la guerre, pacifiste ou autre elucubrations humaniste... Mais juste parce que j'suis feneant.

+1 c'est vrai que ça joue !
 
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