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Et si on partageait un peu le goût de l'écriture...

sarahgnu >> je n'ai qu'une chose à dire :-a1 :-a1 :-a1 :-a1 :-a1 :-a1 :-a1 :-a1 :)

Missadeline : j'avais pas eu le temps de tout lire tout à l'heure !! j'ai bien aimé ton texte sur la secrétaire :)
tu avais finis de nous donner les extraits de ton roman où il t'en reste ?
 
suite...

Jour 2

Je suis assise à même le sol et j’assiste au lever du soleil. Je ne ressens même plus le changement de température, la chaleur des rayons, le souffle glacé de la nuit. Depuis combien de temps suis-je assise ici ? Gregory me dit de me concentrer, afin de trouver une prise sur le temps mais je n’y arrive pas. Peut-être bien des jours, qui sait. Il est resté assis à coté de moi, sans rien dire, pendant tout ce temps. Peut-être des mois.
Parfois j’ai des envies. Cela m’étonne, moi qui suit morte de l’intérieur. Des envies de nourriture. Mais je sais que même si on me l’a donnait, je ne saurais quoi en faire. Cela m’amuse d’imaginer la nourriture tomber dans mon ventre vide et puis pourrir tranquillement à l’intérieur.
Ce parc s’appelle MontCazan. Je le sais car je l’ai lu sur le panneau. Je serais incapable de dire si je venais ici avant ou pas. Je suis incapable de dire qui je suis. A présent je m’appelle Maëlle. Je sais au fond de moi que ce prénom ne m’appartient pas. Je sais qu’il y avait autre chose avant tout ça, que j’avais une vie, peut-être des parents, une famille, des amis… Mais il y a comme un brouillard dans ma tête. Gregory dit que bientôt je n’y penserai plus.
Gregory est mort jeune, d’une agression. Il s’est fait égorger. Il cache sa cicatrice par le col de sa chemise. Mais il y a toujours ces petites taches brunes, son sang qui a giclé sur lui. J’aimerai tant qu’il me raconte sa vie, mais il me dit que sa mémoire a disparu, tout comme la mienne est entrain de disparaître. Et je ne le crois pas. Je sens qu’il ne me dit pas tout, comme si une ombre passait sur son visage lorsqu’il me parle, lorsqu’il évoque sa prétendue vie ou qu'il m'explique certaines choses. Peut-être qu’il me le dira un jour. Restera-t-il toujours avec moi ou disparaîtra-t-il ? Gregory représente mon univers à présent, je ne me vois pas affronter mon éternité sans lui.
Je lève la tête et offre mon visage au ciel. Aucune brise ne vient me caresser, aucun vent ne vient jouer avec mes cheveux. Seuls les bruits de la ville autour de moi me rappellent que je suis là, quelque part dans ce monde sans fin.
Je ferme les yeux. La mort est-elle si pénible ou est-ce seulement le début qui est difficile ?
 
Un destin tout tracé :

"Alors je les regarde, Blair et Anastacia.
Je me dis qu’un jour ils se marieront ensemble. Peut-être même qu’ils auront le culot de m’inviter. Ils auront de beaux enfants. Lui sera un grand avocat et elle, une parfaite femme au foyer qui dépensera tout le fric de son mari. Ils auront trois enfants pour favoriser la moyenne nationale qui sera de 3,8 enfants par foyer, ils les appelleront Blair Junior – comme c’est original, Chenille – le nom de la grand-mère d’Anastacia bien sûr, et Timothy. Ils habiteront une belle maison dans un beau quartier de Californie. Blair travaillera dur, Anastacia deviendra une belle femme potiche. Ils se disputeront parce qu’ils ne se voient jamais, feront pleurer leurs gosses. Anastacia prétendra aller chez le coiffeur, alors qu’elle va se faire culbuter par le facteur ; Junior se droguera, Chenille sera dépressive et Timothy, le premier de la classe, mais devenu complètement schizophrène à cause de sa famille.
Blair divorcera d’Anastacia car il est tombé amoureux de sa secrétaire, qui, bien sûr, ne s’intéresse à lui que pour son fric. Il se mariera avec sa secrétaire, fondera une nouvelle famille avec de beaux bébés tous roses et sa carrière sera à son apogée. Ses premiers enfants, enfin Timothy seulement, car Chenille s’est suicidée et Junior est interné, se souviendront de lui uniquement quand le chèque de la pension alimentaire tombera à la fin du mois.
Quant à Anastacia, elle sera obligée de travailler, en tant que femme de ménage, et s’installera dans un quartier paumé. Elle vieillira et se rabougrira de jours en jours. Et le jour où en voulant zapper sur les Feux de l’Amour, elle tombera sur les élections présidentielles et qu’elle apercevra Blair, pété de fric, aux cotés du nouveau Président des Etats-Unis, elle se pendra à la tringle à rideau de la salle de bain. Elle se ratera bien sûr, car Junior viendra la sauver sans le savoir en venant réclamer une partie de la pension alimentaire versée par son père qui, aujourd’hui, l’ignore.
Anastacia finira à l’hôpital psychiatrique, Timothy viendra la voir de temps en temps, puis l’oubliera en fondant sa famille et en s’enfuyant vivre sa vie en Europe. Anastacia mourra d’un excès de médicaments. Junior ira voir son père qui le fera entrer à la Maison Blanche en temps que Secrétaire du Trésorier. Mais le Président s’apercevra que Junior a détourné des milliers de dollars et le renverra, ainsi que son père, Blair. Alors lui et sa deuxième femme, avec leurs enfants, s’enfuiront dans une ville perdue au fin fond du Colorado. Il sera fermier. Sa femme, fermière. Leurs enfants, des bouseux, qui subiront exactement le même sort que Junior – qui finit ses jours en prison, que Chenille – qui pourrit sous terre, et Timothy – qui a tué sa famille dans un accident de voiture à Paris, en France. La deuxième femme de Blair, qui se prénomme Cheryl, le surprendra au lit avec la jeune caissière du supermarché le plus proche, et le tuera à coups de faucheuse. Cheryl finira ses jours en prison, où elle se pendra.
Quand Blair verra Cheryl le menacer d’une faucheuse et même pendant qu’il agonisera, il se dira que les choses auraient du être différentes. Qu’il aurait dû épouser une fille différente.
Une fille comme moi."

C'est un extrait de l'histoire que j'écris "Une cage dorée".
 
"Voyage aux portes de l'enfer..."

L’échoppe paraissait enveloppée par l’obscurité comme si elle cherchait à se dissimuler dans l’ombre des boutiques avoisinantes. J’ouvris délicatement la porte et je m’introduis silencieusement à l’intérieur de cet étrange bazar d’antiquités ; dans lequel quelques minutes auparavant était entrés un vieillard vêtu d’un complet sombre.

Une odeur répugnante flottait dans l’atmosphère et malgré la peur qui me desséchait la bouche je continuais à avancer poussé par ma curiosité naturelle. Je contemplais avec ravissement les trésors d’articles qui parsemaient le sol poussiéreux. Devant moi se dressait d’immenses statues véhiculant les croyances d’autrefois, d’une imposante stature ; elles m’écrasaient. J’éprouvais la singulière impression que ces sculptures scrutaient minutieusement le moindre de mes mouvements.

Comme une apparition funeste, un tableau représentant une créature immonde se détacha et tomba sur le pavé maculé d’une concentré de poussière blanche. Mon visage ruisselait de sueur et mon teint était livide. Je dus m’appuyer contre le mur pour ne pas tomber. Une frayeur intense parcourut mes membres paralysés. Je ne savais même plus où je me trouvais mais il était certain que je souhaitais m’enfuir au plus vite de ce lieu maudit. Je repris peu à peu mes esprits et je m’apprêtais à rebrousser chemin lorsque je m’aperçus que l’accès à la sortie s’était volatilisé dans les ténèbres comme une illusion.

Je m’élança à perdre haleine dans le dédale des vieilleries lorsque je me heurtais à une armure de fer qui me fit chanceler. Lorsque je repris connaissance, j’étais encerclé par une multitude de poupées anciennes recouvertes d’un interminable linceul et d’un effroyable visage sans expression. Je tentais de m’extraire des longues chaînes rouillées qui me serraient de leurs anneaux et après de nombreux efforts je réussis enfin à me dégager.

Un pantin à l’allure dégingandée me fixait de son regard globuleux et se mouvait dans les airs comme un spectre emportait dans l’air. Prés de lui, une grande malle en osier dégageait des effluves de chair en décomposition. Prés de celle-ci, des costumes d’un autre siècle dansaient l’un contre l’autre guidés par le bruissement de leurs jupons ; emportés par le tourbillon d’une effroyable danse mortuaire.

Tel un vautour s’élançant vers sa proie les serres ouvertes, un squelette s’empara de ma jambe . Je lui décocha un violent coup de pied qui le fit chanceler et il tomba sur le sol inanimé. Je fus attiré par une étrange mélodie qui me semblait familière. Elle provenait d’une petite boîte à musique gravée d’insolites hiéroglyphes. Je l’ouvris et à la place de la ballerine, je ne trouvais qu’un corps décharné qui armé d’une faux tournait à la cadence d’une marche funéraire…

Je me dirigeais vers un abris lorsqu’une main glaciale se posa sur mon épaule et c’est à ce moment-là que j’entendis un homme crier : « Par ici la sortie jeune homme, la visite de la maison hantée est terminée. »
 
angel ales a dit:
alizouille a dit:
ah quel bonheur de voir des gens qui écrivent ! C'est de plus en plus rare. Et bien sûr, il faut continuer car ce que j'ai lu de vous est très talentueux.

personnellement j'écris presque chaque jour. Je ne mettrai pas d'extrait sur le forum car je ne suis pas habituée à être lue. /quote]

C'est peut etre un debut !!!!
essaye

eh bien, je vais faire lire mes textes à des potes et si ça leur semble à la hauteur, je les posterai :-) je répète bien sûr que je n'ai aucun talent d'écrivain : je m'efforce juste de faire un concentré d'idées et de critiques sur les modes, la société, en essayant de voir les choses d'une autre manière.

alizouille
 
alors, verdict ? Tu nous fais partager ou pas ?

En attendant, voici la suite (j'ai l'impression que je tourne en rond pendant un moment, donnez moi votre avis, meme négatif) :

...Je lève la tête et offre mon visage au ciel. Aucune brise ne vient me caresser, aucun vent ne vient jouer avec mes cheveux. Seuls les bruits de la ville autour de moi me rappellent que je suis là, quelque part dans ce monde sans fin.
Je ferme les yeux. La mort est-elle si pénible ou est-ce seulement le début qui est difficile ?
Je me relève et décide de marcher. Je m’éloigne à grands pas, sans direction précise. Je vais marcher droit devant moi, faire le tour de la planète jusqu’à la fin des temps. J’essaie de ne penser à rien, seulement un pied devant l’autre. Je repousse toutes mes pensées, je n’ai plus envie d’avoir de questions sans réponse, alors je marche. La rue est bondée de monde, le soleil brille, mais tout cela n’a plus aucun effet sur moi. Je fends la foule, je passe à travers les corps des vivants, sans me retourner, je fuis.
J’espère que marcher m’essoufflera, me fatiguera, me fera oublier que je ne suis en fait qu’un cadavre qui pourrit dans un cercueil, ensevelit dans la terre. Je ne veux plus être morte ! Je veux revenir à la vie, même si je ne sais plus de quoi elle était faite avant. J’ai envie de hurler, de pleurer, j’ai envie d’être en colère, mais je n’y arrive pas. Je ne peux que serrer les poings et être lasse.
Vaincue.
Je tombe à genoux sur le sol. Voilà ma vie, à présent. Faite de pensées inutiles qui se suivent, faite de questions qui n’auront jamais de réponse. Faite de lassitude, d’ennui, d’envies insatiables. Mon cœur ne bat plus, mon souffle reste glacé, mes lèvres ne prononceront plus de mots audibles. Je me rends compte que j’ai peur.
A genoux sur le sol, enveloppée de ma propre glace, je découvre ma peur immense, effrayante, assourdissante. Seule dans cet entredeux mondes, je réalise que je suis à la merci de tous. J’ignore tout de ce monde, de cet endroit… de ces coutumes peut-être… Que vais-je devenir ?
Je me retrouve seule au milieu de la rue. La populace se hâte autour de moi agitant leur parapluie au-dessus d’eux. Je ne sens pas les gouttes. Cette constatation glisse sur moi. Je ne suis plus qu’une coquille vide, une sorte d’âme perdue. Voilà ce qui m’attend. L’errance, la solitude, le vide. Je n’ai plus rien à attendre de la vie. C’est comme si on m’avait forcée à descendre d’un train roulant à pleine vitesse, mon corps roulant sur un sol aride, dans la poussière, la tête qui tourne. Et le train qui s’éloigne à toute vitesse, pour ne devenir qu’un point à l’horizon, puis plus rien.
- Tu ne devrais pas rester seule.


A suivre...
 
je ne trouve pas que tu tourne en rond !
il faut bien expliqué ce que ton personnage ressent et je trouve que tu le fait très bien !

dis quand tu auras publié ton livre tu me le dédicaceras ? ;)
 
une fois que tu as terminé ton livre tente de toute manière tu n'as rien à perdre (sauf le prix que tu auras mis en feuille et cartouche d'encre pour l'envoyer à tous ces sales éditeurs qui ne le lise même pas lol)
 
papier et encre gratis... :wink:

...
- Tu ne devrais pas rester seule.
Je reconnais la voix de Gregory, proche de moi, mais je ne tourne pas la tête. Je ne veux pas le voir, je ne veux pas regarder les tâches sur sa chemise, je ne veux pas voir son col relevé assez haut pour qu’il puisse cacher cette énorme barre rouge sur sa gorge. Je ne veux plus rien voir de mort. Assise sur le sol, je laisse le temps défiler, mais je sais que Gregory est toujours là.
Mes pensées sont de plus en plus confuses et c’est à peine si j’arrive à distinguer les morts des vivants. Je m’aperçois que ce monde est gris, vitreux. Immense et pourtant si petit. Tant de choses à découvrir, mais les vivants avancent tous les yeux fermés. Je voudrais pouvoir leur parler, leur dire de profiter de tout. Mais mes souvenirs s’espacent, je perds le fil. Je n’arrive plus à formuler des pensées cohérentes, je m’embrouille. J’ai peur du creux au fond de moi, j’ai peur que mon corps soit aspirer vers l’intérieur et de continuer mon éternité dans le noir.
La solitude me pèse, ce froid qui m’enveloppe et ne me qui jamais devient oppressant. L’air que j’imagine respirer commence à manquer. Ma peau se ternit de plus en plus. Je prends un aspect de fantôme, il ne me reste plus grand chose d’humain. Vais-je enfin pouvoir disparaître ou suis-je condamnée ici. Sans force, il ne me reste plus que le désespoir. Sans courage, je ne peux plus avancer. Sans âme, je n’ai plus aucune raison de rester là.
C’est vrai, il n’y a rien après la mort. Ces espoirs de rédemption, ces prières que les vivants prononcent, bien prostrés dans leur coin flottent vers le néant. Je comprends que tout cela ne rime à rien, j’ai envie de rire, ou de pleurer. Peut-être les deux à la fois.
Je regarde les ombres se déchirer entre elles. Aucune vague sur la surface de l’eau et pourtant tout est tumultueux en dessous. La peine, la colère, la souffrance se lit sur leurs visages lisses, sur leurs corps éreintés par tant d’effort pour se refouler. Les vivants se privent eux-mêmes, arrachent leurs sentiments les plus profonds de leurs moelles épinières et les jettent au loin, pour le plaisir de paraître en public ce qu’ils ne sont pas. Je n’avais jamais remarqué ces choses là avant. Dans ce monde de faux-semblant, les vrais sentiments sont interdits au risque de se pousser à bout.
Voilà pourquoi le corps de pauvre homme gît sur le sol, le crâne écrasé...

A suivre...
 
kanasucr a dit:
cazou a dit:
oula!!! que c'est long à lire tout ca!!! bein bonne lecture à vous et bonne écriture!

tu as tord tu ne sais pas ce que tu loupe il a des très beaux textes et des écrits super intéressants ici



Je viens de tout lire et c'est absolument genial j'adore tout simplement!!! Missadeline c'est dommage que ton roman ne soit pas terminé, j'aime beaucoup et j'aurais aimé savoir la fin! :mrgreen: Quand à sarahngu, j'aime également ce que tu écris, et j'ai hâte de lire la suite.... :wink:
 
Je viens de m'amusé à tout lire. Mon patron doit bien se demander se que je fais penché sur l'écran de mon ordi sans bouger depuis tout à l'heure.

Je suis tout simplement stupéfaite par vos talent à toutes les deux.

ENCOREEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE :mrgreen:
 
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