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Smart57
Guest
Alyyah link=topic=95456.msg1082075#msg1082075 date=1235329672 a dit:Certes, ceci dit, c'est quand même en grande partie quand on est épanoui dans sa vie professionnelle et/ou personnelle qu'on peut réellement "se sentir bien dans ses baskets".
(D'ailleurs ça me fait penser à cette éternelle question : l'argent fait il le bonheur ?)
C'est ce que l'on dit mais vois tu ma cousine qui a fait les grandes écoles d'ingénieurs, le tout assorti d'une prépa, d'une grande réussite dans la fonction publique comme inspecteur drire depuis 15 ans, est aussi mère de deux enfants et mariée depuis 10 ans maintenant....
Et pourtant elle ne se sent pas heureuse mais plutôt coincée à 37 ans dans sa cage dorée et malheureuse même si elle ne l'avoue pas et même si pour la famille elle a réussi aux yeux de tout le monde.
D'ailleurs le jour où j'ai été licenciée et le jour où je lui ai dit que je me reconvertis, je ne te dis pas à quel point elle était parvenue à me démonter ce jour-là....Et j'ai bien deviné pourquoi : elle a toujours voulu faire médecine mais ses parents l'ont poussé à devenir ingénieur...Puis elle s'est mariée et le cours de la vie a suivi...
Moi j'ai donc l'opportunité et le courage de changer de vie pour me sentir plus épanouie, ce que elle ne peut pas faire ou plutôt ne se sent pas le courage de faire. Mais je ne la juge pas car c'est rudement difficile de se lancer. Même moi sans licenciement, je n'aurais peut être pas emboîté le pas.
Pourtant elle se demande aujourd'hui si sa vie d'aujourd'hui correspond bien à ses attentes : avec ça malgré tout, son mari est ingénieur aussi, gagne très bien sa vie comme elle, ils ont une situation matérielle aisée, sont propriétaires à Paris, etc...
Donc je ne suis pas si certaine si cela joue un rôle prépondérant. La réussite c'est un concept très subjectif : ce qui peut convenir à toi ne l'est pas pour l'autre forcément et réciproquement.
Il n'existe pas de recettes toutes prêtes pour réussir dans tous les cas... :closedeyes: Il y a des gens qui savent se contenter de très peu et pourtant d'autres ne les envient pas alors qu'ils sont heureux.
Ca paraît simple à priori mais trouver son centre de gravité ou son fil d'ariane, ça peut s'apparenter à un véritable chemin de traverse difficile voire cahotique mais qui peut aboutir malgré tout...Tout dépend de l'idée que l'on se fait de la félicité ou de la plénitude.
Et puis par ailleurs comme je le dis dans mon bouquin que je rédige en ce moment, cette étape est précédée d’un véritable accouchement dans la douleur. Max Scheler disait, que « la douleur est comme le coup de ciseau par lequel le divin sculpteur taille la forme d’un soi idéal dans la matière d’une existence à l’origine perdue dans la confusion des sens. »
Il est tout à fait exact que celui qui n’a jamais subi des épreuves ou connu la frustration, ne peut apprécier à sa juste valeur l’allégresse des jours heureux. Le déchirement, l’affliction, la désespérance sont innés et donnent une signification tangible à notre propre ressenti.
Sans la douleur, ne peut exister le manque et le deuil qui met ainsi fin à l’aliénation et favorise alors l’acceptation d’une séparation inéluctable. Etre et avoir mal est nécessairement inconfortable mais cet état de fait constitue toutefois une occasion inespérée de faire la paix avec soi et les autres, de mieux comprendre l’origine de nos erreurs commises, d’en tirer les leçons pour entreprendre un nouveau départ : pas plus rose, pas plus noir mais moins angoissant et plus constructif.