Sopranette link=topic=195.msg1062083#msg1062083 date=1228644986 a dit:
J'ai lu vos poèmes et vous avez beaucoup de talent.
Je me lance à mon tour, c'est plus un texte qu'un poème, assez long je dois l'avouer :
J'entends toujours les mêmes bruits, ces bruits de ferraille des cellules qui se ferment et des menottes qui s'entrechoquent.
Je suis là, debout devant ce long couloir qui mène à ma cellule, je marche lentement, je profite de chaque instant hors de ces 9m².
Une fois dans ma cellule, c'est toujours la même chose, je m'allonge sur le matelas les yeux rivés au plafond.
Ce plafond que je connais si bien, ça fait maintenant 5 ans que je l'observe, je n'ai que ça à faire... Je le connais dans les moindres détails comme tous les murs d'ailleurs...
Je suis un condamné à mort et demain est le jour de mon exécution.
J'ai tellement gambergé durant toutes ces années que j'en souffre énormément alors j'attends avec impatience le jour ou je fermerai les yeux pour l'éternité, car enfin sonnera pour moi l'heure de la liberté.
Je suis un condamné à mort et demain est le jour de mon exécution.
Je pense tout le temps à mes enfants, mes 3 petits anges, ils sont trop jeune pour comprendre mais que vont-ils faire sans moi ? Qu'est-ce qu'ils diront quand on leur demandera de quoi est mort leur père ? Se souviendront-ils de moi ? Leur mère leur parlera-t-elle de moi ou fera-t-elle comme si je n'avais jamais existé ? Tant de questions qui hantent mon esprit.
Des larmes viennent mouiller la photo que je tiens entre les mains et que j'ai toujours sur moi dans la poche gauche de mon pantalon.
Cette photo de mes 3 amours qui ont l'air si heureux, qui ne se doutent de rien...
Je suis un condamné à mort et demain est le jour de mon exécution.
C'est ma dernière nuit et je n'arrive pas à trouver le sommeil...en même temps pourquoi dormir puisque demain à 8h00 je fermerai les yeux pour l'éternité.
Puis les heures défilent, à 7h00 on me réveille pour que je fasse ma toilette et pour que je déjeune, mais je n'ai pas faim.
Ma famille hante mes pensées, je sais que je ne les reverrai plus...
Je suis un condamné à mort et mon exécution est programmée dans 20 minutes.
Les gardes me font sortir de ma cellule, ils me regardent avec compassion comme s'ils pouvaient comprendre ce que je ressens.
L'un d'eux me tend une cigarette pour un dernier plaisir comme il dit.
Je l'ai regardé et je lui ai demandé s'il n'avait pas plutôt un bon joint.
Il m'a souris puis à détourner son regard.
Je suis un condamné à mort et mon exécution est programmée dans 15 minutes.
J'arrive dans le dernier endroit que je verrais, il fait assez sombre.
Je m'installe sur la table d'exécution, les gardes m'attachent les bras puis les jambes et me tapotent l'épaule.
Un homme me demande si je veux dire quelques mots avant qu'il ne passe à l'acte, je lui demande juste de me donner la photo qui se trouve dans ma poche gauche pour avoir une jolie dernière vision.
Je suis un condamné à mort et mon exécution est programmée dans 5 minutes.
Tout le monde s'agite autour de moi, je ne les regarde pas comme si je n'étais déjà plus là.
Je me trouve plutôt zen pour quelqu'un qui va mourir dans moins de 3 minutes.
Puis on approche la seringue de mon bras, il cherche ma veine.
Moi, je ne quitte pas la photo des yeux.
Je ne sens pas l'aiguille pénétrer dans ma peau, mais par contre je sens le liquide qui se répand dans mes veines...
J'ai toujours les yeux rivés sur la photo, j'ai des frissons, des larmes coulent sur mes joues, tout va très vite.
Je sens mes yeux qui se ferment puis plus rien...
J'étais un condamné à mort et maintenant je suis mort...