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Et si on partageait notre goût pour l'écriture ?

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Nessscafe
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Ode…à ma gaffomobile et aux amoureux des voitures.

Aussi rouge qu’est la passion
Cette petite chose a un fol amour pour les contraventions.
Elle boit son essence comme d’autres un pastis
Mais exige son tour habituel chez le garagiste.

Pour éviter qu’elle ne fasse des colères, je dois m’occuper d’elle
Et la nourrir de tickets de parking, sans quoi j’en verrai de belles.
C’est une vieille dame qu’il faut traiter avec soin
Nerveuse et vive, elle pourra m’emmener loin.

Si je ne la balade pas assez dans les embouteillages,
De ne pas servir, Madame tombera sournoisement en panne.
Cette traîtresse adore ma ville illuminée
Avec ses feux verts qui deviennent rouges à mon tour de passer.

Cet amour de 205 est terriblement jalouse :
Une fois j’ai osé regarder son équivalent GTI,
De rage elle est tombée en panne sur la pelouse.
Je lui ai sorti le grand jeu, nous revoilà enfin amies.

Cette voiture est aussi capricieuse que pourrie gâtée :
Quand je lui donne un autoradio, j’ai en retour des ratés.
Mais ce vroom vroom adorable est mon symbole de liberté
Quitte à lui remettre un moteur, je ne pourrai pas l’abandonner.



(cette pétasse de 205 est bien celle de mon avatar)
 
Je serai des vôtres...

Quand j'en aurai assez
De ces claviers d'ordinateur
Lorsque mes doigts s'ront usés
D'avoir tapé à cent à l'heure
J'm'en irai voir ailleurs
J'm'en irai voir ailleurs...

Quand je n'en pourrai plus
De me lever sans le courage
Quand j'en aurai conclu
Que cela n'était qu'un mirage
J'm'en irai voir ailleurs
J'm'en irai voir ailleurs...

Quand je réfléchirai
A ce qui est derrière moi,
Ce à quoi je rêvais :
Ce piano caressé avec émoi
J'm'en irai voir ailleurs
J'm'en irai voir ailleurs...

Quand j'écouterai ces songes
Qui me rappellent toutes les notes
Ceux qui au fond me rongent
Me disent que je suis bien sotte
J'm'en irai voir ailleurs
J'm'en irai voir ailleurs...

Dans un monde où l'éclairage
Des spots ne m'éblouira pas
Puisqu'enfin cette rage
Passera bien avant moi
J'm'en irai voir ailleurs
J'm'en irai voir ailleurs...

Dans un monde où les virages
Sont parfois dûrs à encaisser
Où l'on voit les ravages
Que l'alcool a même pu causer
J'm'en irai voir ailleurs
J'm'en irai voir ailleurs...

Tour à tour j'caresserai
Toutes les notes du piano
Oh, je le soignerai
Comme s'il était mon niño
Et cette voix qui est mienne
La timide inconnue
Contera non sans peine
Ce qu'elle a toujours tu
Ces notes se bousculeront
Les unes après les autres
Et au fond de moi, au fond,
Je serai des vôtres...


(25/06/2006)
 
L'autre appel de la nuit, d'un sommeil ébahi, un plumeti qui frole la belle endormie, un cauchemar glacé où cohabite nos monstres personnalisés, l'appel de la nuit, celui pour lequel on aimerait etre sourd résonne. A minuit, quand les yeux se ferment et que la lune est haute, les ombres s'étendent au dessus des demeures et les cris silencieux de nos peurs retentissent dans le brouillard. La journée animée se prélasse en torpeur, et nos bras engourdis ballotent sous la pluie de sel et de nacre, perlée de diamants. Mais qui chuchote à l'oreille de la belle endormie ?

La nudité éparse des esclaves de Morphée, ceux qui en son sein s'oublient et s'évanouissent, à l'heure où la conscience s'incline devant l'inconscience qui peut enfin, après avoir attendu son moment, de délecter et jouïr en lapsus, en implicite, en souvenirs redondants. Et sous les paupières closes qui frémissent, de violents combats redoublent, les chasseurs énamourés, les violents retenus et les timides soulagés peuvent s'en donner à coeur joie, bruyamment et dans le chaos le plus apocalyptique qu'il soit. A minuit, à l'heure où noircit la campagne, le monde des songes vire en armaggedon. Mais que chuchote-t-on à l'oreille de la belle endormie ?

Lorsque que l'aurore s'annonce, le ciel s'éclaircit et se strie de rosées, de part en part, et devient le poème où je rime délicatement, sur la pointe des pieds avec la grâce que j'aurai aimé distillé. L'éveille s'étend de minute en minute, les paupières se déclosent, les rêves s'enfuient le dos courbé, redoutant les rayons du soleil. Et à midi, quand il nous brule la rétine, je compte un à un les corps endormis qui ne s'éveilleront plus et que j'emporterais avec moi, dans le monde des songes où nulle fée n'a réussi à respirer. Mais je reviendrais, la nuit prochaine, chuchoter à l'oreille d'une belle endormie, pour qu'elle succombe à son tour sous mes paroles d'effroi et de glace.

Et je l'écouterai mourir, envieuse et perverse, la regardant souffrir, avec délectation.
 
Temudjin link=topic=195.msg275244#msg275244 date=1150443503 a dit:
Un petit truc que j'ai écrit il y a à peu près 4 ans de ça... Au lancement de la Guerre du Golfe Bis

George W. Bush ayant trucidé
Des petits Afghans par milliers
Se trouva fort dépourvu
Quand le temps de la paix fut venu.
Plus la moindre petite bombe qu' il ne puisse larguer
Sans s' attirer les foudres du Conseil de Sécurité.
Il alla crier famine
Chez l' Angleterre sa voisine
Lui priant de lui donner
Une nouvelle cible pour s' amuser.
C' est alors que de son passé
D' exploitant pétrolier lui vint l' idée :
Pourquoi ne pas continuer
Ce qu' en l' an 91 son père avait commencé ?
Depuis un certain 11 Septembre et ses aviateurs
Il vouait aux barbus et moustachus une sainte horreur.
Aussi, se défiant de l' avis des autres pays,
Il lâcha sa meute en Irak, qui serait sa future colonie.

La moralité de cette histoire est que, sous pétexte de défendre la Démocratie,
La bêtise humaine, trop souvent, ainsi que le profit,
Au détriment du faible, a maintes occasions de se manifester,
Détruisant sur son passage tout ce qui fait le principe d' humanité.


j'ai adore :aplause: bravo
ps:tu t'es un peu servit de la cigale et la fourmis :wink2: (c'est du plagiat)
 
souheyla_t link=topic=195.msg299728#msg299728 date=1151949391 a dit:
j'ai adore :aplause: bravo
ps:tu t'es un peu servit de la cigale et la fourmis :wink2: (c'est du plagiat)

moi aussi j'adore :-)
cela dit, si plagiat est, ce n'est pas vraiment mal fait lol
 
souheyla_t link=topic=195.msg299728#msg299728 date=1151949391 a dit:
j'ai adore :aplause: bravo
ps:tu t'es un peu servit de la cigale et la fourmis :wink2: (c'est du plagiat)
Epicurienne link=topic=195.msg300107#msg300107 date=1151959155 a dit:
moi aussi j'adore :-)
cela dit, si plagiat est, ce n'est pas vraiment mal fait lol
Merci ! :happy:
Oui, effectivement, c'était un détournement de La Fontaine, donc le but était que ça ressemble à l'original :wink2:
 
&quot;Dimanche 8 Juillet 2001...&quot;

 
Il y a deux ans déjà, j'apercevais la lumière,
Au fond du couloir de ce si vaste hôpital.
Sainte-Anne veillait sur moi, de son piedestal ;
Il y a deux ans, je sortais de mon enfer...

Il y a deux ans, je ne criais pas victoire ;
De mutilation et sous perfusion,
Et l'isolement était un si doux cocon ;
Il y a deux ans, je pleurais dans le noir...

Il y a deux ans, on chassait ma maladie,
Pour pouvoir empêcher mon esprit de planer,
Pour pouvoir m'éviter de toujours me pâmer,
Il y a deux ans, je disais &quot;bye épilepsie&quot;...

Il y a deux ans, j'aurais presque pu partir,
Morphine emportait toute seule mon esprit,
Entre ces douleurs qui m'auront marquée à vie ;
Il y a deux ans, six heures firent l'avenir...

Aujourd'hui, lorsque je regarde en arrière,
De ces yeux tous rouges on s'en fiche vraiment,
Cela tout en disant qu'il faut vivre au présent,
Aujourd'hui se trouve toujours la barrière...

Aujourd'hui, Vous êtes dans ce petit coeur,
Le sang qui le fait battre, qui le fait renaître,
Dame pour laquelle nonne je ne veux être,
Aujourd'hui, Vous vous trouvez être mon Bonheur...

Aujourd'hui, Vous êtes dans mon esprit,
Vous m'avez redonné si souvent le sourire,
Peut-être un peu coquin, déclanchant des fous-rires,
Aujourd'hui, ne m'en voulez si je rougis...

Aujourd'hui, je voudrais prendre Votre main,
Pour que vous m'aidiez enfin à m'évader
De cette prison de par de tendres baisers,
Aujourd'hui je tiens à songer à demain...

(08/07/2001... rubrique souvenirs)
 
J'avais dû déjà le mettre quelque part, mais je ne sais plus où...

Clin d'oeil à ceux qui galèrent pour trouver du travail :wink2:

(certains passages sont assez vaches, mais bon... ça m'avait bien défoulée :laugh: )

&quot;Donnez-moi une chance&quot;

Donnez-moi une chance, je ne peux rester
A ne rien faire, à attendre des jours entiers
La société actuelle est tellement mal faite
Qu'il faudrait l'expérience avant même de naître...

Donnez-moi une chance de pouvoir prouver
Que les débutantes savent aussi travailler
Mais c'est tellement simple de prendre quelqu'un
Qui a bossé des années et ne veut presque rien...

Car l'argent, oui l'argent, vous ne voyez que ça !
C'est bien étincelant car glisse entre vos doigts
Direz-vous la mêm'chose dans quelques années
Quand les jeunes seront partis à l'étranger ?...

Donnez-moi une chance, je serai discrète
J'vous coûterai le SMIC et je serai prête
A offrir ce savoir que d'anciennes n'ont pas
A taper à deux mains, plutôt qu'avec deux doigts...

Donnez-moi une chance, je n'suis pas une sauvage
Je suis juste perdue entre ces marécages,
Dans ce monde animal qu'est l'marché de l'emploi
Où chacun se bouscule comme dans un combat...

Mais l'argent, oui l'argent, vous ne voyez que ça !
C'est au moins offrant, le reste on l'épargnera
Direz-vous la même chose quand vous d'vrez licencier
Pour son incompétence avec indemnités ?...

Donnez-moi une chance, je ne peux rester
A ne rien faire, à attendre des jours entiers
La société actuelle est tellement mal faite
Qu'il faudrait l'expérience avant même de naître...


(26 juin 2005)
 
Te souviens-tu Mamie ?

Dis-moi, depuis ta chambre, à quoi peux-tu penser ;
A la guerr’ qui avance bien que terminée ?
Durant ces si longs jours où tu marches sans cesse
Sans trouver un détour à toute ta tristesse
Les fois où tu sais bien qu’les souvenirs s’en vont
Doucement, un à un, si bien que ta maison
Ne semble plus la tienne malgré cinquante années
Dans ce petit domaine où tes enfants jouaient.

Te souviens-tu du temps où tout était si beau
De tous ces bons moments à jouer aux petits ch’vaux
Tandis qu’Papi dormait pendant l’après-midi
Ensemble on s’occupait, te souviens-tu Mamie ?

Avant tu demandais si j’étais en vacances
Scolaires quand je venais , alors que la tendance
Etait à ce chômage et recherch’s entêtées
Avant que ça s’aggrave et qu’tu veuilles t’évader
En inquiétant Papi qui n’en parlait pas trop
Et que la maladie a mis sur le carreau
Ca a dû le ronger lentement, à feu doux
L’embolie arrivée, on t’a mis’ chez les fous

Te souviens-tu du temps où je t’aidais parfois
Avec mes mains d’enfant à préparer des plats
Ecrasant les patates avec espièglerie
Petite maladroite, te souviens-tu Mamie ?

Aujourd’hui tu t’promèn’s parfois dans le jardin
En sachant qu’on t’ramèn’ toujours à ce même point
Une chambre aux murs blancs avec quelques photos
Dont tu n’sais plus vraiment les prénoms principaux
« Mais mon Bon Dieu pourquoi on me colle ces gens
Que je ne connais pas, ni d’Eve ni d’Adam ?
J’veux rentrer chez Papa, dans ma maison d’enfance
Je ne resterai pas longtemps dans cette errance… »

Te souviens-tu des fois où l’on se promenait
Où je courrais parfois cueillant les glands et baies,
Avec mon innocence de petit cabri
Pendant les grand’ vacances, te souviens-tu Mamie ?

Pourquoi les souvenirs les plus récents s’en vont ?
Dès que l’on va partir, tu nous oublieras donc
Jusqu’à ce qu’on revienne, faisant briller tes yeux
Mêm’ s’ils ne savent pas qui se trouv’ face à eux
Et Papi, dans tout ça, finira seul au monde
Tristesse dans les yeux où les larmes abondent
Avant que vous partiez chacun à votre tour
Et vous réunissiez au Paradis d’Amour…

(11/11/2006)
 
Puisque ce soir j'ai laissé la place au coup de blues, je voulais vous mettre le poème que j'ai écrit il y a bientot 5 ans à la suite de la perte de mon petit papa...

Tu es parti
En avril, un lundi
Me laissant en pleurs
Me brisant le coeur
J'ai crié tant que j'ai pu
Mais tu n'es pas revenu
Tu nous a laissé
Seuls, abandonnés
Tu as cessé de vivre
Tu as refermé le livre
Ton âme s'est envolée
Sans que tu puisse la contrôler
Seul tu n'es pas
Titi est avec toi (c'etait notre chien)
Ensemble pour l'éternité
Sur moi vous devez veiller
Ma vie est plus que vide
Mon univers est plus sordide
Ma vie sans toi est noire
Loin de moi est l'espoir
Je vis avec toi chaque jour
Et je le ferais toujours
Jamais je ne t'oublierai
A jamais en moi tu es gravé
Paix à ton âme...

Pour mon petit papa chéri que j'aime de tout mon petit coeur


Voilà, je sais que ca n'est pas très gai, mais j'avais envie de le mettre, ca me tient à coeur...
A vous de nous mettre les vôtres!
 
Henri Grouès, ou l'Abbé Pierre

Tu es né au mois d'août de l'an mil neuf-cent douze
Dans ta famille bourgeoise de huit enfants.
On t'élève et on t'aime, doucement tu découvres
La vie sur notre Terre où tout n'est pas tout blanc.

Depuis ton enfance, tu connaissais ta vie :
Toujours tu lutterais contre la pauvreté.
A dix-huit ans déjà tu distribuais
Les biens que tu avais aux gens plus démunis.

Pourtant tu aurais pu rester dans de la soie,
Dans ta famille aisée, à ne voir l'extérieur,
Mais tu faisais partie de ceux qui n'ferment pas
Les yeux sur ceux qui vivent le plus grand malheur.

Pendant l'Occupation, tu fus un Résistant,
Possible qu'un jour tu aies croisé mon grand-père
Au milieu du maquis, luttant contr' les all'mands
Ou bien en Algérie, vers la fin de la guerre...

La politique n'était pas ta meilleure arme
Aussi tu tenteras juste quelques années
Avant de tirer une sonnette d'alarme,
Transformant en auberge un' maison délabrée.

C'est ici qu'Emmaüs a enfin vu le jour ;
Ainsi les chiffoniers se donneront la main
En tentant d'avancer comme les troubadours
Pour pouvoir assurer de meilleurs lendemains.

En hiver cinquant'-quatre, une fillette meurt
Dans un grand bidonville de Neuilly-Plaisance
Tu invites un ministre à voir cette souffrance
Il y verra lui-même l'ampleur du malheur

Le premier février, une femme décède
A soixante ans à peine, après son expulsion,
Boul'vard Sébastopol, il fait froid et il gèle
L'hypothermie sera son dernier compagnon.

Tu lanceras alors un appel au secours
Aux gens qui ne voient pas ce qui peut arriver
Ce jour ils tiendront compte de ton grand discours :
Ainsi les gagnera la solidarité.

Les années se succèd'nt, se ressemblant pourtant :
De nouveaux pauvres arriv'nt de par le chômage
Les années quatre-vingt, on va en distribuant
La soupe populaire aux pauvres de tous âges.

Tu donneras aussi la main aux immigrés,
Aux sans-papiers voulant régularisation,
En te joignant au jeûne de ces &quot;déboutés
Du droit d'asile&quot; ainsi qu'aux autres exclusions.

Les français t'ont élu quinze années de suite
Leur français préféré, contre quarante-neuf autres
Mais tu préfèreras laisser ta place ensuite
A la jeunesse arrivant, cédant ta place aux autres

Non, on ne t'a pas vu lorsque les tentes étaient
Cet hiver alignées le long de tous les quais,
Mais d'ton lit d'hôpital tu t'en inquiétais bien
En ne te souciant pas de ton propr' lendemain.

T'es parti aujourd'hui avant que le soleil
N'arrive à ta fenêtre, vers cinq heure et d'mi,
J'espère que Saint-Pierre, s'il existe aussi
T'accueille et te réserve un bonheur sans pareil.

(22 janvier 2007)
 
........ :cry: :cry: Quel hommage pour un HOMME qui n'aurait même pas voulu que le regrette ainsi !!
BRAVO !!! Pour ce moment d'émotions et ce rappel des biens faits d'Henri Grouès
 
&quot;Papi, reviens…&quot;
(à mon grand-père, décédé fin janvier)


J'voudrais crier, j'voudrais m'enfuir
Me fusiller, m'évanouir
Partir déjà, tout arrêter
Parc'que mon moi va exploser

Papi reviens, j't'ai pas tout dit
Y'a du bon vin, et puis on rit
Les r'pas d'famille s'ront plus pareils
Ta petit' fill' veut qu'tu t'réveilles...


J'sens ça bouillir au fond de moi
Le sang frémir de son effroi
Y'a pas d'bémol, d'apaisement
Je sens le sol, ses tremblements

Papi reviens, c'est bien trop tôt
L'temps est divin, l'air un peu chaud
La pluie partie en mêm' temps qu'toi
Le soleil rit, la lune est là...


Faudrait qu'je cogne et que je lutte
Suivr' les cigognes, monter la butte
Que je débloque à tout casser
Me fair' des cloques, à tout brûler

Papi s'te plaît réponds-moi donc
Viens me guider dans cette jonque
J'veux pas m'coucher, j'ai peur du noir
Viens m'raconter un' bell' histoire...


Révolte gronde, intérieur'ment
Et je m'effondr' dans l'inconscient
L'esprit est fou dans sa puissance
A caus' d'un trou : de ton absence

Papi viens m’fair’ de gros poutous
R’viens en arrièr’ quand c’était doux
Dans les vacances de l’été
De mon enfance inachevée…


(04/02/07)


*************

« Mon être s’est enfui… »
(au frère de mon grand-père décédé ce matin...)

Mon être s’est enfui, je suis parti là-haut
N’ayez pas de soucis, je trouverai la route
Mon frère m’a prêté le bon plan aussitôt
Pour mieux le retrouver, tout comme un bon boy-scout.


Mon âme n’est pas loin, ne vous en souciez pas
Je veillerai sur vous comme il l’a fait pour moi.
Le Paradis atteint il m’attendra forcément
Mon frère, ce gamin, qui est parti avant.


Ensemble on reverra ceux que l’on n’a pas vus
Depuis longtemps déjà, ceux qui ont disparu.
On refera le Monde, comme dans le temps,
On transmettra nos ondes à nos petits enfants.


Deux frères réunis en haut de ces nuages
Mais qui écouteront toujours vos bavardages
Méfiez-vous de ceux-ci car il pourra pleuvoir
Un jour de ciel gris où vous serez vachards !

(24/02/2007)​
 
Essai sur l'identité personnelle sous forme de nouvelle.

Je m’appelle Dincht. Enfin pour dire vrai, ce sont mes parents qui m’ont appelé Dincht. Moi, je n’ai pas eu le choix. C’est une tragi-comédie de s’apercevoir qu’avant votre propre naissance, vous êtes déjà déterminé à porter un prénom qui ne vous ira peut être jamais. Ils ont dû le choisir après un long débat, un de ce où assis bien confortablement autour d’une table, ils échangent des idées tout en buvant leur apéro. Probablement que cette soirée avait été planifiée depuis plusieurs jours déjà comme étant la soirée où ils décideront du prénom d’un gamin qui n’existe même pas.
C’est mon prénom et pourtant je ne l’ai même pas choisi. La façon dont j’ai envie qu’on m’appelle ne m’appartient même pas. Cela suffirait d’emblée à montrer que ma capacité de choisir est une notion qui m’est complètement inconnu.

Tout ce qui m’est destiné, comme par exemple les papiers d’identité, les factures ou encore les diplômes portent mon nom. Impossible de lui échapper désormais. Et lorsque, je sors dans la rue pour l’éviter, il m’arrive de l’entendre. La plupart du temps, il s’agit de moi. Je me retourne et c’est ma famille, mes amis, mes connaissances. A force de l’entendre, j’ai fini par croire que je m’appelais vraiment Dincht. Oui, j’ai fini par croire que ce prénom était mon moi le plus profond ; Qu’il était un caractère inné et qu’il faisait intrinsèquement parti de mon être. Je suis Dincht. Je suis Dincht. Je l’ai toujours été.
Mais parfois, il ne s’agit pas de moi. Je me retourne et constate avec stupéfaction qu’il s’agissait bien d’un autre que moi qu’on avait appelé par ma désignation. Et là terminé, mes repères s’évanouissent.

Il y a des jours où lorsque l’on me demande mon prénom, je n’ai pas envie de répondre : je m’appelle Dincht, mais plutôt : on m’appelle Dincht.
D’une part, parce que ce n’est pas moi qui est décidé de m’appeler comme ça, et d’autre part parce que je ne m’appelle jamais moi-même.
Si je m’appelais moi-même - ce qui est le cas des individus qui se nomment à la troisième personne - cela voudrait dire qu’il y aurait un deuxième moi qui ouvrirait un dialogue avec mon premier moi mais que ce deuxième moi serait innommé. Or cela montre combien le caractère propre du véritable moi est qu’il soit innommé. Je suis, en effet, en droit de me demander qui est ce je qui dit il ?

Je ne m’appelle pas parce que je n’ai tout simplement pas d’appellation.

Lorsque je dis aux gens qui viennent chez moi que mon chat n’a pas de nom, ils sont tout choqué, tout affolé. A quoi ça sert de l’appeler Berlingot si une semaine plus tard, je finis par l’appeler Mimine ou Moumoune. Que je nomme mon chat Maria, Kennedy, ou bien Lennon, ce n’est pas pour autant qu’il répondra à l’un plus qu’à l’autre ; Qu’il me fera le ménage, qu’il me gouvernera ou qu’il me chantera une berceuse. Qu’on soit d’accord, il s’en fout complètement. Et bien dans ma vie, j’ai appris à m’en foutre aussi.

Donc pour résumer, non seulement on avait choisi ce prénom à ma place mais en plus on avait finit par me faire croire que c’était moi qui l’avait choisi.
Dans la vie, j’ai appris que tous les choix qu’il m’était donné de faire suivaient tragiquement le même schéma. Le système est bien rodé. Peut être trop. Tu as le choix entre A ou B - dit le système - à la condition unique que tu choisisses A. Depuis que je suis tout petit, on m’a fait croire qu’il y avait des choix à faire dans la vie. Mais je n’en ai jamais vu la couleur. Faut être con quand même ! Ceci dit, c’est vrai qu’on est con quand on est petit. Ca doit certainement être pour ça qu’ils s’empressent de nous remettre si rapidement la panoplie complète d’illusions. Ils ne veulent pas attendre qu’on devienne grand. Les lâches !
Une fois qu’on vous a fait croire qu’un bonhomme accompagné de rennes volant était capable de passer dans la cheminée de six milliards de personnes en seulement quelques heures, vous êtes capable de croire n’importe quoi. Même des idées encore plus farfelues telles que celles d’Amour, de Liberté, de Morale, de Bonheur.

Ce qui est tragique, c’est qu’il y a des gens qui restent petit.
Ce qui est comique, c’est qu’ils pensent agir comme des grands.

Pour en revenir à moi, il y a celui que je suis, celui que j’aimerai être, et celui que je suis pour les autres. Je ne suis pas unique. Je ne suis pas double. Je suis triple. Ce sont les trois formes de vision de mon être.
Celui que je suis va tendre à devenir celui que je voudrais être en agissant de manière à être celui que je veux devenir. Mais une fois que je suis devenu celui que je voulais être, si peu que j’y parvienne car cela est impossible, je ne serai pas forcément pour les autres celui que je suis devenu.
C’est pourquoi, ces trois formes déterminent ensuite une multitude de personnalités variables.
En effet, lors des deux premières formes, si je dis qu’il est impossible d’être celui que je veux devenir, c’est précisément parce que je veux toujours être différent de celui que je suis déjà. Celui que je suis aujourd’hui, c’est celui que je voulais devenir hier mais ce n’est pas celui auquel j’aspire à être demain. Ma personnalité est indéterminable, car instable. Quant à la dernière forme, qui est celle que je suis pour les autres, rien n’affirme que deux, trois ou quatre individus auront la même perception de moi en me voyant dans un même état, que je suis incapable de conserver. Je suis donc un triple flux de personnalité.

Merde, je suis pourtant certain d’être le jeune homme vigoureux de 25 ans aux cheveux épais et aux yeux verts. Je suis le sage qui parle aux ignorants. Je suis l’amoureux du charme féminin, de la luxure et de l’absurdité. Mon physique, mes vertus et mes vices, parbleu ! Voila mon identité.
Mais pourtant, tout cela ne peut me définir en tant que personne puisque tout est soumis au changement. Mon âge va augmenter, mes cheveux vont se désépaissir, ma libido va disparaître. Je peux me couper les cheveux, me mutiler, aimer l’ignorance et me voila complètement différent d’hier. Je n’étais donc pas ce jeune homme qui existait, il y a une minute. Je n’étais pas celui que je croyais être il y a un instant.

Alors si je n’ai jamais eu de personnalité fixe, saisissable et définissable, que reste il de moi en tant que caractère unique et distinguant ?
Il reste le moi social défini dans le temps et dans l’espace. Le seul sur lequel je puisse compter pour me définir. Je suis celui qui est né telle année à tel endroit, qui habite ici et qui pratique tel métier.
Lorsque je dis que je suis cadre à une personne, elle saisit immédiatement ma personnalité ou devrais je dire la personnalité du Cadre. Ils ne savent plus voir le réel quand ils se présentent à eux parce qu’ils ont un concept prédéfini de celui ci. Peut être, est-ce aussi parce que le réel est justement insaisissable. Ainsi lorsque j’apparais avec ma Mercedes de fonction et mon journal sous le bras, ils n’ont pas en face d’eux Dincht mais… Le Cadre. Voila ce que je suis : un concept.
Faute de pouvoir définir des personnalités, on en a créé des toutes faites dans des boîtes. Il y a celle du businessman qui occupe sa vie à son travail mais qui oublie sa famille. Celle du paysan, bien brave et bien simple. Celle de l’anarchiste qui court à l’institution dès qu’on lui casse la gueule. La vie est faite de stéréotypes et il est impossible de m’en abstraire. Ils permettent de s’assurer de ma personnalité par un jugement simple et rapide.
Tyler Durden semble négliger que si je ne suis pas mon job, mon compte en banque, ma voiture, ou le contenu de ma mallette alors je ne suis plus personne. Il n’y a que ce caractère social qui puisse me distinguer des autres car sinon que resterait-il ?

- Mais justement, Tyler veut montrer que tu n’es personne !

Il a entièrement raison. La vérité est que je suis personne. Ce moi social n’est qu’un semblant de surface. On ne peut peut-être pas s’abstraire des stéréotypes mais on peut les faire varier. Donnez moi un million de dollar et vous verrez bien que j’évoluerai vers une nouvelle boîte, vers une nouvelle personnalité commune. Dès demain, changez mes fringues et mon job et j’entrerai dans la peau d’un nouveau gars. L’identité sociale ne fournit qu’une personnalité fixe en apparence. Elle est aussi mouvante que le reste.

Bordel mais qui suis-je alors ? Je ne suis qu’un être en perpétuel changement. Je ne suis personne, ou alors je suis tout le monde. Je suis celui qui sent et qui ressent, celui qui perçoit et qui est perçu, celui qui veut et qui ne veut pas. Je suis l’Homme en tant qu’homme. Je suis le Tout sous la forme du Singulier. Et c’est pour ça que les gens m’appellent seulement Dincht.

Malheureusement le fait de m’appeler seulement Dincht leur a fait oublier qu’ils étaient uniquement moi. Depuis cet oubli fondamental, la plupart d’entre eux me traitent comme si je n’existais pas. Il suffit de s’asseoir sur un quai de gare, pour voir à quel point ils m’ignorent. Je devrais plutôt dire qu’ils feignent de m’ignorer, car en réalité, ils savent très bien qu’ils ne vivent que pour moi. Ils savent très bien qu’ils existent uniquement grâce à moi. C’est choquant.

Bien qu’on puisse imaginer n’importe quelle situation, imagine la suivante. C’est une situation qui arrive généralement une fois toutes les deux semaines dans notre société civilisée, parfois même chaque semaine. Tu la vivras ainsi peut être différemment quand elle se reproduira. Cette situation, c’est celle d’aller chez MacDo. Je pousse les portes et entre chez le Monsieur souriant aux habits jaunes à cheveux rouges. Je perçois alors des tas de gens en action. La plupart mangent et discutent, certains me regardent entrer, d’autres sont debout en train de commander.
Il y a cinq minutes, j’étais dans ma voiture et ces gens là n’existaient pas. Et là les voici, ici, apparût de nulle part. Que pouvaient ils bien faire ici si ce n’était que d’attendre mon arrivée. J’espère ne pas les avoir fait trop languir. Ils étaient tous disposés à des places précises pour moi. Me voici tel l’acteur principal d’un film qu’on attendait dans le studio pour commencer à tourner. Je m’avance pour faire la queue. Voici mon tour qui arrive. La serveuse me demande ce que je désire avec un sourire timide. Je lui réponds un best of d’une voix posée. Je regarde tous ces inconnus actifs qui sont derrière le comptoir. Elle se met alors à crier : un menu best of, alors que personne ne l’écoute, excepté moi, c'est-à-dire tout le monde. Les autres serveuses ne me regardent pas. Ces jolies filles font semblant de ne pas me voir. Elles jouent aussi le jeu de l’ignorance. Les coquines. Ils et elles sont pourtant tous et toutes ici dans le seul but de me distraire. Ils ne sont là que pour espérer créer une interaction. Parfois je la crée, parfois non. Mais parfois, ce sont eux qui la créent.

Ils jouent tous le rôle d’une vie qui leur est propre mais qui, en réalité, n’est là que pour animer la mienne.

Je vais m’asseoir, je mange et je les observe. Je vois alors un couple exister dès qu’il eut passé la porte d’entrée. Je ne peux pas dire d’eux qu’ils fassent semblant d’être ensemble. Mais je peux dire d’eux qu’ils sont deux évènements extérieurs séparés mis ensemble pour moi. Les évènements extérieurs, complètement hasardeux, surviennent sans la moindre raison. L’environnement extérieur est plein de surprise et je le dévore à chaque seconde par ces questions.
Avec qui donc pourra t’il m’être donné d’interagir aujourd’hui ? Qui va exister - par - et pour moi aujourd’hui ? Certainement pas celui qui entre par la porte de derrière ou qui sort des toilettes lorsque je suis parti.

- Merde ! Tu ne serais pas un peu égocentrique ?

Il faut qu’il ouvre les yeux, il ne voit pas que le monde est égocentrique dans sa totalité. C’est ce qui rend mon ego inexistant. Chaque point de conscience est unique dans son universalité. Il y a cette idée anti-subjectiviste dans laquelle le monde se passe de moi pour tourner. Elle naît du fait que j’ai l’habitude de voir des hommes mourir avant de mourir moi-même et que j’en déduis que la vie pourra se passer de moi lorsque je devrais la quitter à mon tour. L’erreur naît de la croyance d’être la personne qui meurt alors que nous ne la sommes pas. Si j’incarnais véritablement la place du mort, alors je comprendrai que le jour deviendrait nuit. Je comprendrai que les autres n’existaient que parce que j’existais. Je comprendrai que le monde n’existait que parce que j’existais.

- Mais non, le monde n’existera assurément plus pour toi mais il continuera d’exister pour les autres.

Ce serait oublier que je ne suis pas les autres.
Peut on dire du monde qu’il existe si aucun être ne peut avoir conscience de lui. Les couleurs n’existent que pour celui qui sait les voir. Les sons n’existent que pour celui qui sait les entendre. De même, le monde n’existe que pour celui qui en prend conscience. Dès lors que je nais sitôt que je meurs. Tout n’est que ma représentation et uniquement ma représentation. Et si un évènement extérieur, par exemple un homme, voulait me supprimer alors il faudrait le prévenir qu’il signerait de son acte son propre arrêt de mort : Pauvre fou ! Si je pars, tu pars avec moi !

- C’est affolant. J’ai peur de ne plus suivre. T’es quelqu’un, t’es personne, t’es tout le monde ?

Je suis tout à la fois. Je suis quelqu’un qui n’est personne en général mais qui est tout le monde en particulier.

Tu sais désormais tout sur moi. Mais ne tente pas d’en faire le bilan…
 
Voici un extrait de chapitre de mon roman: J'ai su lire trop tôt

C'est ici que tout commence...Le soir à la plage devant un coucher du soleil, j'entends les ruissellements d'une eau salée...L'eau de la ma mer. Je suis jeune, j'ai treize ans et je suis totalement innocente...Assise sur le sable à méditer, réfléchir et lancer des galets dans l'eau. En face, de moi, une luminosité orangée descendante à l'horizon, et de l'autre côté, la lune croisant ces rayons infinis qui lui donne clarté et mouvements.

A mes côté, un livre, c'est un livre sans doute bien difficile pour quelqu'un de mon âge, il parle de romantisme, de drame, enfin, des tas de choses qu'une enfant ? Qu'une pré-adolescente ? Est supposée ne pas comprendre...Non, ce sont des lectures privilégiées pour les adultes et non pour des gamins qui ne devraient que penser à aller s'amuser, jouer, faire tant d'imbécilités avec ses copains-copines.

Mais non, lire, c'est aussi la culture, c'est la richesse, c'est activer toute curiosité qu'il y a en nous. Moi, j'ai envie de connaître la vraie vie, j'ai une soif d'apprendre, mais je m'ennuie, alors je me lance dans ce monde si compliqué, si débordé d'injustice et de malhonnêteté. C'est maintenant que je veux savoir, je suis obstinée, je n'en fait qu'à ma tête, je n'ai pas envie d'entendre cette formule bâteau que l'on nous dit quand on n'a pas envie de nous expliquer ce qu'est la réalité: &quot;Mais voyons sois raisonnable, tu comprendras plus tard&quot; ou bien &quot;Tu es encore jeune&quot; ou encore &quot;Attends déjà d'être une adulte&quot; mais au fond, adulte, je le suis déjà un peu, j'ai lu pleins de bouquins réservés pour les gens ayant acquis maturité...Mais écoutez-moi, j'ai de la facilité, je vous dis que je sais les choses comme elles le sont vraiment.
 
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