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Et si on partageait un peu le goût de l'écriture...

J'ai retrouvé ça hier, sur ma clé usb...

SANS TITRE

Jour 1
Les rêves dans une vie sont comme des post-it., des morceaux de papier lancés au vent. Et puis, quand on meurt, ils se déchirent tous, un à un et tombe sur votre corps sans vie comme une pluie de cauchemar. Votre vie, vos rêves, vos espoirs n’ont plus aucun sens.
J’ai eu un accident de voiture, il y a deux ou trois jours. Peut-être plus ou moins, je ne sais pas. Je n’ai plus la notion du temps. Je suis morte sur le coup. Je n’ai rien senti. Ou plutôt, je ne me souviens pas avoir senti quoique ce soit. Je suis rentrée chez moi, dans une maison vide et étrangement sombre. J’ai erré pendant des jours, des heures, des mois… dans le vide. Une sensation de froid que je sais imaginaire à présent. Mon cerveau m’envoie des images par impulsion nerveuse, ainsi j’ai toujours l’impression de vivre parmi les vivants. Je revoie ma mère me réveiller en me disant que je vais être en retard à l’école. Je la voie pleurer, recroquevillée dans son lit, une photo de moi entre ses mains. J’entends des bribes de phrases « Depuis qu’elle est morte… ». Mon prénom n’est plus jamais prononcé.
Je pense m’appeler Marion, ou Carole ou Josie... j’ai 20 ans. J’avais 20 ans et j’aurais toujours 20 ans.
Plus le temps passe et plus ma mémoire se flétrit.
J’erre dans un monde qui n’est pas le mien, parmi les vivants en sachant que ma place est ailleurs. Ce qu’on appelle les limbes est transposé dans le monde réel, comme si un miroir sans teint vous empêchait de nous voir, mais nous, on vous voit. Je regarde ma famille, j’assiste aux repas familiaux, parfois j’accompagne ma sœur au travail. Je lui parle, elle n’entend pas. Je vois son regard vide, ses gestes mécaniques et ses rêves – ces petits morceaux de papier – qui se froissent lentement, doucement, autour d’elle. Je sens sa solitude, sa peine mais je suis incapable de la partager.

a suivre...
 
sarahngu a dit:
C'est très beau Mirzhin... ca change des poemes à la "starclub" du genre "je t'aime mais tu ne m'aimes pas" blablabla...

si tu en as d'autres... :wink:
:mrgreen: merci pour le compliemnt mais faudrait que je les tappes et y'en a un peu plus de 200! :mrgreen: (dont des machins sentimentaux! :-a4 )
 
Oui, j'ai beaucoup aimé cette idée. J'espère que je ne plagie pas son travail...

voila la suite :

Depuis que je suis morte, je suis froide et vide. Les choses glissent sur moi sans me toucher, à peine effleurer. Je ne ris pas, je ne pleure pas. Je ne ressens rien. Juste ce vide qui m’entoure et m’étreint. Peut-être la seule chose qui m’effraie. Je suis sans cesse en mouvement, je n’ose pas m’arrêter de peur d’être engloutie par le néant qui est juste sous mes pieds. Un grand trou noir, sans fond. Si je me laisse aller que va-t-il se passer ? Tomberai-je pour l’éternité ? Est-ce un accès direct pour l’Enfer ?
Je suis perdue. J’erre dans les rues de ma ville. Tous ces visages que je connais, toutes ses rues que j’arpentais quotidiennement sont devenues inconnus pour moi. Cela me frustre, je ne reconnais rien tout en sachant que de mon vivant, c’était différent. Je marche au hasard des rues, des avenues. J’aimerai sentir le vent sur ma peau, la chaleur des rayons de soleil… Toutes ces petites choses me manquent, mais ne me sont plus nécessaire. Parfois je croise le regard d’animaux. Les chats surtout. Ils me voient, m’observe en se roulant en boule. C’est tellement irréel. Eux aussi vivent-ils entre deux mondes ? J’ai tenté d’en toucher un mais il s’est enfui.
Ce que je ne savais pas, c’est que des humains peuvent me voir. Surtout les enfants. Je vais souvent à la sortie des écoles. Lorsque l’un deux me voit, j’ai l’impression de vivre comme si rien ne s’était passé. Certains, effrayés, se détournent de moi. D’autres, ne sachant pas que je suis un fantôme, me font signe. L’autre fois, un petit garçon m’a regardé et a dit « bonjour madame ». Sa mère a regardé autour d’elle, puis a dit à son fils « Alors Théo ? Tu parles tout seul ? ». Cela m’a fait sourire.
Parfois je me trompe. Je vais devant une école et j’attends. Mais les classes sont vides. Je ne sais plus l’heure qu’il est. Je regarde sur les journaux pour voir la date, mais tout devient étrange. A un moment on est le 20 janvier, puis la seconde d’après le 4 avril. Parfois la nuit tombe, puis le jour se lève, le temps est devenu irrationnel pour moi. Se pourrait-il que j’ai des absences ? Quand je regarde les choses, il semblerait que le temps file a une allure démentielle.

... à suivre...
 
"Au plus profond de l'obscurité" Suite (inachevée à ce jour)

Chapitre 4

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En cette matinée inquiétante, un trafic dense occupait les rues de San Antonia. Ma voiture de fonction progressait difficilement à travers cet enchevêtrement de véhicules issus de tout horizon.

Je jetais un rapide coup d’œil à ma montre. Celle-ci m’avait été offerte par Sam plusieurs années auparavant, à l’occasion de la remise des diplômes. Un des seuls vestiges de cette lointaine époque qui témoignait encore de l’existence du lien invisible qui me liait à mon équipier.


A mesure que nous nous éloignions du tapage urbain, notre regard prenait une nouvelle dimension ; nos sens s’offraient à la froideur de cet hiver et nous nous enivrions de son odeur.
Des paysages variés se succédaient à travers le reflet de mon rétroviseur. Le sol se parait d’un épais tapis de feuilles aux couleurs automnales. Les arbres dépourvus de leurs atours semblaient guetter la fin de cet hiver qui n’en finissait plus.

Notre traversée s’éternisa pendant un peu plus de trois heures. Je conduisais désormais à une allure convenable pendant que Sam récupérait paisiblement sur le siége avant.

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Greenwich Valley, au premier abord, apparaissait d’une beauté saisissante. Au cœur des collines, la cité se révélait vêtu de son plus bel apparat. J’étais fasciné par le panorama qui s’offrait à mon regard médusé. Je ne pouvais croire que ce site dissimulait sous ses airs angéliques une sinistre vérité.

Sam émit un faible grognement, il redressa son dossier et m’adressa un regard émerveillé :

- Sommes-nous déjà au paradis Richie ?

Son innocence me séduisait. Ses réactions étaient parfois tellement désarçonnantes que je mettais souvent cela sur le compte de sa trop grande douceur d’âme. A défaut de policier il aurait fait je le pense, un formidable ecclésiastique.

- Oui, au paradis des soucis...


Page 3
Je désignais de mes longues phalanges la boîte à gants qui recelait le plan de la cité maudite.

Sam me comprit sans que j’eu le besoin de m’exprimer. Mutuellement nous saisissions, sans nous concerter le moindre du monde, le sens de nos regards complices.

Il examina un bref instant le contenu de la carte et m’indiqua l’itinéraire à suivre avec une facilité déconcertante. J’admirais son côté méthodique et minutieux mais je l’enviais car il incarnait à mes yeux l’absolue perfection que je ne serais jamais.

Page 4
La morgue était située au plus profond d’un endroit isolé afin sans doute, de dissimuler aux yeux des voyageurs le côté obscur de cet havre de paix.

L’astre suprême scintillait de mille feux et arborait des reflets aux nuances flamboyantes. On pouvait dénoter un contraste saisissant entre l’extérieur et l’intérieur de cet édifice mortuaire.
Au sein de ce bâtiment, les couloirs étaient plongés dans la pénombre. Des relents de chair en décomposition flottaient dans l’atmosphère ; tout n’était que désolation.

Soudain une porte s’ouvrit, une jeune femme apeurée issue de l’au-delà se présenta à nous.

- Qui. . . êtes vous ? Que. . . faites vous ici ? balbutia t-elle.

Ce manque d’assurance me surprit. Elle travaillait aux frontières de la mort continuellement mais elle redoutait la présence des êtres vivants ; ce qui était je l’avoue quelque peu désopilant.

- Mademoiselle Kelly COOPER, je suppose ? lui dis-je en lui tendant ma plaque de police. Je suis l’Inspecteur HARRIS et voici mon collègue Sam WITNESS ; nous enquêtons sur le décès de Emma TOWN.

- Veuillez m’excuser, je vous prie, mais vous savez, je n’ais guère le privilège de côtoyer des « vivants » sur mon lieu de travail, dit-elle en souriant de sa méfiance. Mes copains de chambrée sont en général assez silencieux, reprit-elle.

- A part les morts vivants... répliqua candidement Sam.
Je lui décochais un regard sévère en lui faisant signe de remettre son humour noir à plus tard.

- Voilà nous sommes quittes. . . Pardonnez-lui mais son ironie lui permet d’extérioriser ses angoisses, répondit-je en glissant sensuellement ma main dans mon opulente chevelure brune.

Elle nous fit signe de la suivre et nous conduisit vers son bureau.

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- Asseyez-vous, nous serons beaucoup plus à l’aise pour discuter de cette affaire ; dit-elle en désignant les fauteuils qui se trouvaient devant elle.

Nous la dévisagions tous deux. Kelly le ressentit et rougit. Elle se sentait à la fois flattée et gênée par notre intérêt soudain envers ses formes plus qu’avantageuses.
Elle était vraiment très attirante dans son tailleur sombre qui soulignait la perfection de sa silhouette. Elle ne semblait pas consciente de sa séduction naturelle et ne semblait guère prendre le temps de s’occuper d’elle ; quel gâchis pensais-je intérieurement.

- La victime était âgée de 18 ans, reprit-elle. C’était d’après mes sources une jeune fille sans histoire, elle poursuivait de brillantes études de droit ; Ce devait être sa dernière année à l’université...
Elle semble avoir perdue la vie aux alentours de minuit, mais son corps n’a été découvert que vers approximativement 3 heures du matin par sa colocataire, conclue-t-elle d’une mine déconfite.

Mademoiselle COOPER se dirigea vers un brancard et nous somma d’en faire de même. Elle souleva un linceul d’une blancheur immaculée afin de dévoiler le corps sans vie de Emma TOWN.

Puis elle ajouta en s’adressant à moi :

- L’adolescente devait être dans sa baignoire depuis un certain temps. Son agresseur a tout d’abord lacéré son corps de brefs coups de poignards puis il a répandu de l’acide sur son visage d’ange ; la victime, à ce moment-là, n’était pas encore morte. . .

- Mon Dieu... s’exclama WITNESS en secouant machinalement sa tête.

Le médecin légiste posa une main pâle sur son front :
- Effectivement, l’assassin devait sacrément lui en vouloir pour s’acharner de la sorte sur un être sans défense ; en quinze ans de carrière je n’ais jamais vu un corps dans un tel état de décrépitude, répondit-t-elle la voix brisée.

Je croisais mes mains sur mon torse :

- Auriez-vous remarqué sur le corps, un élément susceptible de nous aider ? Lui demandais-je sans prêter attention à Sam.

Kelly marqua un instant de réflexion :

- Un étrange sigle était gravé sur la peau d’Emma ; une sorte de tatouage rouge illisible ; une sorte d’étoile si je puis dire.

Elle mit la main dans sa blouse et en ressortit une photo :

- Tenait, si cela peut vous aider à retrouver, le responsable de cette ignominie, je ne puis que collaborer ; dit-elle en me la tendant.

Mademoiselle COOPER rabattit d’un geste solennel le drap.

Je glissais le cliché à l’intérieur de mon veston.

- Je vous remercie sincèrement pour votre collaboration, répondis-je avec un sourire qui se voulait discret. Si jamais un élément, même le plus insignifiant, vous revenez à l’esprit, contactez nous ; dis-je en lui glissant mon numéro de téléphone portable.

- Vous pouvez compter sur moi, dit-elle en nous regardant nous éloigner vers la sortie.

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Sam me regardait fixement. La mine accablée, il laissa échapper un soupir qui en disait long sur son état d’esprit actuel.

- Putain ! Dit-il enfin, après d’interminables secondes de silence. Elle avait la vie devant elle ; ce n’était qu’une gosse après tout.

Je posais un bras qui se voulait réconfortant sur son épaule crispée :

- Je comprends tout à fait ta réaction, mais ne sois pas si excessif, ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres, dis-je en lui empoignant le bras.
- Richie, tu es la personne la plus insensible que je connaisse, me répliqua t-il en levant ses bras au ciel. Quand comprendras-tu que le fait d’éprouver de l’émotion n’alterne en rien ta virilité. . .

- Conduis et ferme-la pour une fois Sam ! Lui ordonnais-je d’un ton intransigeant.

Chapitre 5

Page 1
Un opulent massif de fleurs recouvrait la magnifique pelouse verdoyante de la faculté. Un gigantesque bâtiment se présenta à nous. L’architecture qui alliait divers styles était d’une étrange rareté et donnait l’impression d’appartenir à une structure irréelle.

Page 2
Un homme à l’allure sévère et impartiale vint à notre rencontre. Il portait un costume austère et se pavanait les mains sur les hanches. Sa veste ornée de médailles de toute sorte récompensaient le mérite de cet homme dévoué corps et âme à la nouvelle génération.

Il me scruta d’un regard interrogateur :

- Inspecteur HARRIS, je suppose, dit-il en ignorant la présence de Sam à mes côtés. Monsieur NORRISSON nous a fait part de votre visite au sein de nos locaux.

- Enchanté de vous connaître Monsieur ?

- Excusez-moi de mon manque total de savoir vivre. Monsieur SNYDER, doyen de cette faculté pour vous servir.

- Heureux de faire votre connaissance. Nous enquêtons en effet sur...

Monsieur SNYDER me lança un regard inquisiteur :

- Silence ! exigea t-il. Cette affaire ne doit pas venir s’ébruiter aux oreilles de nos illustres donateurs. Soyez discret, le moindre écart pouvant entraîner de graves conséquences sur la renommée de Greenwich Valley. Nous, nous devons d’épargner nos concitoyens.

- Plutôt leur portefeuille, répliqua Sam d’un ton sarcastique.

Sam ne savait donc pas se taire. Il usait à tort de son ironie. Heureusement, que Monsieur SNYDER n’avait pas relevé l’allusion pour le moins apparente de mon coéquipier. Au fond, Sam n’avait pas tort, mais ses commentaires devaient rester de simples pensées.

- Rassurez-vous Monsieur, nous ferons de notre mieux pour ne pas attenter à la tranquillité de la population.

Le vieil homme nous indiqua l’itinéraire qu’il nous fallait suivre pour rejoindre notre hôtel avant la nuit.

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Jadis, un ancien palace, celui-ci se trouvait désormais dans un état de délabrement pour le moins avancé. Surplombant majestueusement une immense falaise aux pointes aiguisées, il s’offrait intentionnellement au néant. Le brouillard de son épais manteau submergeait de son sinistre aura le paysage environnant. Ce lieu portait en ses racines l’empreinte de la désolation et de l’isolement.

Nous nous sentions étrangers en territoire inconnu. Les regards des résidents trahissaient le fond de leurs pensées. Ils ne souhaitaient pas collaborer avec des représentants de l’autorité et nous le ressentions fortement au plus profond de notre être. Ces âmes ne communiquaient qu’entre eux et ne quittaient que très rarement le cercle trés fermé de l’élite. Nous demeurions seuls face à l’adversité.

Le gérant nous avait remit les clefs de la chambre la plus sordide de l’établissement. Le confort était sommaire, il n’y avait qu’un seul lit et celui-ci était parsemé d’une quantité prodigieuse de poussières. Un minuscule fauteuil se trouvait prés de l’embrasure de la porte d’entrée.

On tira à la courte paille et je remportai le privilège de reposer mes membres sur une literie de pacotille. Sam contrairement à son habitude plongea dans les bras de Morphée sans trop de protestations et j’en fis de même quelques instants plus tard...
 
Missadeline, j'aime beaucoup ce que tu écris...

Ne nous fais pas attendre trop longtemps, j'ai envie de lire la suite.

Tu as commencé à écrire quand ? Ca a l'air d'être policier ton histoire. As-tu déja une idée de l'assassin, du mobil et de comment ton histoire va finir ou tu écris au fur et a mesure ?
 
sarahngu : je ne trouve pas que ce soit du plagia parce que dans "la nostalgie de l'ange" elle suit ses proches et vit assez bien sa mort je trouve mais là ton personnage se pose beaucoup de questions et ne vit pas la chose du tout de la même manière.. moi ça me plait...

Missadeline : si je peux me permettre évite d'utlisier les mêmes termes pour les discours de 2 personnages différents sinon ça fait répétition je trouve ( je parle du terme igniominie utilisé par richie et la médecin légiste) mais sinon j'attends toujours la suite avec impatience :)
 
...Je me suis assise à coté de ma sœur, à son travail. Elle parlait avec un collègue. Elle lui a dit « Cela fait 5 mois maintenant que ma sœur est morte. » Mais je ne sais plus quand. Ma mort me semble si récente. Je revois la voiture toute proche de moi, le souvenir est si clair dans mon esprit.
Je ne sais plus quoi penser. Lorsque je me promène au parc, je reste debout. Je n’ose pas m’asseoir de peur de passer au travers des bancs, comme dans les films. Je ne sais pas si je suis intangible. Je regarde les enfants jouer. Leurs mères les rappeler. Ils rentrent. Puis ils reviennent. Ainsi de suite. Et pourtant il y a quelqu’un d’autre, là dans ce parc. Il ne regarde pas les enfants. Il me regarde. Il reste là, la nuit et le jour. Tout comme moi. Je ne m’étonne pas. J’en ai croisé d’autres comme lui. Comme moi.
Un jour, quand j’étais petite. Je devais avoir 5 ans. Une petite camarade est tombée d’une fenêtre. Contrairement à moi, elle est morte à l’hôpital. Avec le temps, lorsque le temps avait encore une signification pour moi, je l’avais oubliée, cette petite fille.
Maintenant je la vois, lorsque je vais dans ma chambre, dans la maison de mes parents. Elle est toujours à la fenêtre. Elle n’a pas changé. Curieusement, elle reste toujours à la fenêtre, puis elle se penche et elle tombe. Ensuite elle réapparaît à la fenêtre et elle recommence. A l’infini. J’ai essayé de lui parler, mais elle n’entend pas. Elle persiste à mourir encore et encore.
Moi je n’arrive plus à rester chez moi. Ma chambre est intacte, rangée. On dirait un appartement-témoin. Je ne sens plus mon ancienne présence. Je marche en rond. J’approche mes mains de mes affaires, sans les toucher. J’aimerai tant mettre mon cd favori et danser, chanter…
Cette maison entière me rappelle ma mort. Je suis morte, je n’ai aucun avenir, plus d’espoir, plus rien. Alors je reste au parc, à observer les enfants. A observer cet homme qui m’observe, inlassablement. Il est habillé en costume noir et des taches étranges sur sa chemise. Comme s’il s’était éclaboussé de Coca.
Je n’avais jamais imaginé la mort avant la mienne. Je ne l’imaginai pas comme ça. Aussi bizarre. Aussi morne.
Mes souvenirs, petites impulsions cérébrales, s’espacent de plus en plus. Bientôt je ne me souviendrai plus de ma vie. Bientôt je n’existerai plus. Je ne serai qu’un fantôme errant dans l’entre-deux monde, cherchant la sortie.
Un enfant tombe du toboggan. Sa mère accourt. Le berce pour calmer ses larmes. J’observe la scène sans intérêt.
Une ombre vient d’apparaître derrière la femme. Ou alors elle était toujours là, je ne m’en souviens plus. Elle est là, elle observe. La femme retourne s’asseoir sur un banc, sans remarquer l’ombre qui la suit puis se poste derrière elle. Je la regarde avec intérêt. Une silhouette floue, noire, indistincte qui ondule. Je me demande pourquoi elle est là. J’aimerai m’approcher mais je n’ose pas. Alors j’observe...
 
sarahngu a dit:
Missadeline, j'aime beaucoup ce que tu écris...

Ne nous fais pas attendre trop longtemps, j'ai envie de lire la suite.

Tu as commencé à écrire quand ? Ca a l'air d'être policier ton histoire. As-tu déja une idée de l'assassin, du mobil et de comment ton histoire va finir ou tu écris au fur et a mesure ?

J'ai commencé à écrire à 16 ans.

Effectivement c'est un policier et comble de l'ironie lol c'est le seul genre de littérature que je n'aime pas vraiment :D

Disons que j'écris l'histoire au fur et à mesure mais que dans ma tête je sais où l'histoire va aboutir... mais je ne connais pas encore les coupables.

C'est pour dire lol, j'ai même réflechi au scénario sur grand écran :)

Mais celà fait 2 ans que je n'ai plus rien écrit (depuis que j'ai rencontré l'homme de ma vie).

En fait, je pense que l'on écrit pour combler un vide et quand on trouve le dernier morceau de puzzle on arrête d'écrire (ca s'est passé comme ça pour moi).

Pour écrire, il me faut de la solitude, c'est même l'ingrédient principal.
 
C'est marrant parce que moi aussi quand j'écris j'imagine le scénario style cinéma !
d'accord avec toi pour la solitude quand tu écris, c'est pareil pour moi... je peux passer des heures à écrire... et des semaines sans écrire, mais le film qui tourne toujours dans ma tête...
 
Une ombre vient d’apparaître derrière la femme. Ou alors elle était toujours là, je ne m’en souviens plus. Elle est là, elle observe. La femme retourne s’asseoir sur un banc, sans remarquer l’ombre qui la suit puis se poste derrière elle. Je la regarde avec intérêt. Une silhouette floue, noire, indistincte qui ondule. Je me demande pourquoi elle est là. J’aimerai m’approcher mais je n’ose pas. Alors j’observe.
- C’est sa mort.
L’homme est à coté de moi et pourtant je ne sens pas sa présence. Comme s’il était en filigrane sur du papier peint. Il a les mains dans les poches. Il regarde la femme et son ombre. Elle lit un livre, levant les yeux de temps à autre pour surveiller son fils.
- Cette femme va bientôt mourir. Peut-être aujourd’hui.
Je le regarde sans comprendre. Il me sourit.
- Tu apprendras. Tu es novice. Lorsque la mort d’un vivant est proche, un gardien vient le chercher et l’emmène… ailleurs. Les gardiens sont différents selon la cause de la mort. Lorsque c’est une maladie, ils sont plus… fin.
Je regarde le gardien de la femme. La silhouette est normale, éraillée, droite comme un i.
- Sa mort sera brusque, continue l’homme, de sa voix rauque. Comme la tienne.
J’aimerai avoir de la peine pour cette femme. Mais je ne ressens rien. Cette femme va mourir dans les heures qui viennent, elle ne le sait pas. Tout comme moi. Elle a sûrement des projets, des rêves… Voulait-elle un autre enfant ? Avait-elle un mari ? voulait-elle voyager, danser, changer de travail… ou même, avait-elle prévu de faire ses courses demain ? Aucun de ses projets proches ou à long terme ne se réalisera jamais. Et elle ne le sait pas. C’est tellement injuste. Mes rêves se sont envolés à ma mort, et je préfère qu’il en soit ainsi. Ne pas m’en souvenir, ne pas avoir de regret, c’est plus simple. Mais la vie est tellement injuste, dans ce sens.
Je regarde l’homme qui est a coté de moi. Il semble jeune et vieux à la fois. J’ai soudain une foule de question à lui poser, mais je n’ose pas. Saurait-il y répondre ? Aurait-il envie d’y répondre ?
La femme se lève et appelle son fils. Ethan. Ethan accourt en riant, prend la main de sa mère et s’en va avec elle, suivi de près par l’ombre. C’est alors que j’aperçois une autre ombre, derrière Ethan. Je comprend, sans regarder l’homme à coté de moi que la mère mourra avec son fils. Et je ne suis même pas triste...
 
"Jugement Dernier"

Contente de voir que je suis pas la seule à écrire :)

Bravo à tous ! :-a1 Continuez de nous faire partager vos oeuvres !

Voici un autre de mes textes :



L’usure se fait sentir, brise les liens qui me maintenaient à la vie ; je passe au purgatoire…

On n’a plus le courage d’affronter les déceptions et on s’éteint peu à peu comme une chandelle se consumant dés les premières lueurs du jour. Ce fardeau nous écrase et nous empêche de nous relever. Le poids est trop lourd pour les frêles épaules que nous sommes ; on se laisse mourir pour ne plus voir les autres tomber.

Rongé par la mélancolie et par les tourments d’une existence achevée ; on ne refuse plus la fatalité.

La vie est une Cour Martial où nous échouons tous au final. La sentence tombe et nous inflige le coup fatal qui nous plonge irrémédiablement dans l’enfer de nos souvenirs. Notre carapace tombe pour dévoiler notre face cachée et le corps qui se dissimule en dessous devient le reflet de nos péchés inavoués. Nous naissons pour connaître la vie mais notre existence ne symbolise plus le Paradis…

On découvre l’envers du décor et on ressent au fil du temps une douleur si vive qu’elle submerge tous nos espoirs. On finit par se dire que le bonheur rime forcément avec le malheur. On réalise que les choses futiles tiennent une énorme place dans notre existence. On suit le mouvement, cette ignoble farandole qui recouvre les battements de notre cœur. On se métamorphose en un être insensible ; un énorme bloc de granit resserre peu à peu son étau autour de notre corps.

Un jour ou l’autre, on nous ôte la vie et finalement on ne regrette rien ; partit pour toujours…

L’atmosphère s’alourdit, notre respiration diminue ; une main serrée autour de notre gorge achève cette danse macabre. Un coup retentit…

Dans le futur, personne ne se souviendra plus de nous ; de l’œuvre que l’on a accomplit tout au long de notre vie. L’histoire se termine ici, d’autres vies suivront derrière nous et referont les mêmes erreurs que nous ; ridicule recommencement d’une vie achevée. On pense être meilleur, mais on a peur de s’avouer ce que nous sommes réellement ; des êtres à part entière avec des manières éphémères. D’une certaine façon, nous réalisons que nous sommes loin d’être invincibles.

Statues immobiles d’un genre nouveau, comme ces sombres corbeaux, nous sommes vêtus d’un plumage qui peut à tout moment céder et nous entraîner vers notre chute fatale. La mort anime nos conversations et nos plus obscures pensées mais nous refusons d’y croire ; pourtant l’heure du Jugement Dernier est arrivée…
 
ah quel bonheur de voir des gens qui écrivent ! C'est de plus en plus rare. Et bien sûr, il faut continuer car ce que j'ai lu de vous est très talentueux.

personnellement j'écris presque chaque jour. Je ne mettrai pas d'extrait sur le forum car je ne suis pas habituée à être lue.

Attirée par la psychologie même si je n'en ai jamais fait (mais j'ai lu des bouquins) curieuse envers ce que cachent les autres, j'écris presque seulement sur des gens que j'ai connus (amis, profs, connaissances, ou même les personnes avec qui je ne me suis pas entendue...) qui m'ont étonnés sur des points précis (idées, comportements...) et dont je trace le portrait. Un peu comme Stefan Zweig, qui aime tracer des portraits sur les drames intimes des être humains, j'aime découvrir pourquoi un individu fait ceci, ressent cela, dans quels cas, etc. (sauf que contrairement à cet auteur, je n'ai aucun talent d'écrivain.)
Chacun obéit à une sorte de mobile depuis la naissance, cherche à le développer ou le cacher (être le plus différent, être le plus beau, être le plus cultivé, etc, cela dépend) et c'est dans le noyau de sa personnalité. Et moi, j'aime mettre ces caractéristiques au grand jour pour mieux comprendre les autres.

enfin voila sur quoi j'écris : les gens. J'aime également écrire sur les phénomènes de société (mode, moeurs)

continuez à écrire ! et surtout lisez aussi :-)
alizouille
 
C'est une... ?

Elle est gracieuse et possède un sourire sublime qui charme toutes les personnes qu’elle rencontre. Elle possède un teint de pêche qui contraste merveilleusement avec la clarté de son visage. Elle a les cheveux longs, doux et forme avec délicatesse chaque matin un chignon où flottent de temps à autre quelques rubans multicolores.

Elle passe la plupart de son temps devant son miroir à se poudrer le visage et dépose légèrement quelques nuages de blush sur ses joues. Elle parsème ses lèvres d’une couleur transparente ; elle se maquille mais avec parcimonie. Elle orne son cou quotidiennement d’une fine chaîne qui met en valeur les mouvements réguliers de sa tête. Sa beauté est discrète, presque effacée mais elle ne passe jamais inaperçue. Elle est élégante et porte des tailleurs chics qui subliment ses longues jambes fuselées. Elle prend soin de son corps et mène une guerre impitoyable au moindre poil rebelle. Elle est grande et délicate ; elle bouleverse son entourage par sa sensibilité et sa fragilité.

Elle est vive, rapide, modère ses paroles et reconnaît ses erreurs. Elle se maîtrise, porte un jugement objectif sur toutes les situations et fait preuve d’un sang froid exemplaire. Elle reçoit les coups de fil les plus orageux, accepte les remarques désobligeantes provenant de ses nombreux interlocuteurs et malgré le bouillonnement intérieur qu’elle ressent ; elle garde le sourire.

Elle a connaissance d’informations confidentielles mais ne les divulgue jamais. Elle communique son dynamisme, son enthousiasme et provoque l’admiration de ses collègues. Ses mains sont fines avec de longs doigts, elle coupe ses ongles courts pour ne pas gêner les tapements réguliers de ses phalanges sur la machine à écrire. Sa démarche est légère presque irréelle ; sûre d’elle-même, elle mesure toujours les conséquences de ses actes. Elle est ponctuelle, fiable et possède un sens accru de la diplomatie. Elle gère d’une main de maître les situations conflictuelles. Dotée d’un grand sens de l’organisation elle classe, déclasse avec patience sans jamais montrer une image détestable de sa personne. Sa voix est cristalline, veloutée, pure. Son ton correct, déférent. Son style concis et son débit fluide et limpide. Elle se soumet aux ordres de ses supérieurs. Elle est volontaire, déterminée, mais consent à accepter des compromis. C’est une secrétaire.
 
:lol:

Voila la suite...

La femme se lève et appelle son fils. Ethan. Ethan accourt en riant, prend la main de sa mère et s’en va avec elle, suivi de près par l’ombre. C’est alors que j’aperçois une autre ombre, derrière Ethan. Je comprend, sans regarder l’homme à coté de moi que la mère mourra avec son fils. Et je ne suis même pas triste.
- Je m’appelle Gregory. Et toi ? reprend l’homme, si étrange.
- Je …
Je sais que j’ai un nom et un prénom. Impossible de mon souvenir. J’ai de moins en moins de souvenir de ma vie. Je ne m’attendais pas à perdre mon identité. Suis-je déboussolée ? Je ne saurais pas le dire. Je regarde Gregory. Il me sourit chaleureusement :
- Tu ne sais plus ? C’est normal. Les souvenirs de ta vie disparaissent petit à petit. Moi non plus je ne me souviens pas de mon prénom d’avant. Trouve-toi un prénom.
- Choisis pour moi, je lui demande.
- D’accord.
Il réfléchit en regardant les enfants jouer. Il y en a moins. Le ciel s’est obscurcit. Je regarde Gregory, je suis impressionnée car il a l’air de savoir… de comprendre. Il est grand, immense, brun et de grands yeux clairs. J’ai l’impression de le connaître. Gregory…
- Maëlle t’irait bien.
- D’accord, dis-je. Je m’appelle Maëlle.
Il regarde le ciel.
- Il fait nuit. Tu veux aller ailleurs ?
- Où ça ?
Il hausse les épaules :
- Où vas-tu quand il fait nuit ?
Je ne sais pas quoi répondre. Je ne m’aperçois jamais quand il fait nuit. Gregory sourit :
- Je vois. Tu n’as pas réussi à avoir de prise sur le temps. Est-ce que tu sais depuis combien de temps tu es morte ?
- Cinq ou six mois je crois.
- Non, tu es morte il y a un an et demi. Ca fait très longtemps que tu es là. Je te vois, tu marches, tu restes immobiles pendant des heures dans le parc, devant chez toi, dans ta chambre…
Un an et demi…Un an et demi à errer ainsi et je ne m’en étais pas rendu compte. Un an et demi à marcher dans le vide... Gregory doit sentir mon désarroi, si désarroi il y a :
- Tu sais, on est morts, mais on peut tout à fait vivre comme des vivants. Regarde…
Je regarde. Il tend la main vers mon épaule. Pour la première fois depuis longtemps, je sens une chaleur puis le contact de ses doigts sur ma peau. Il peut me toucher et je peux le toucher aussi. J’ai envie de crier de joie, mais mon cri s’étouffe dans ma gorge. Je n’émets aucun son, paralysée. Ce contact m’avait manqué. Un souvenir m’assaille. Un prénom. Ivan. Qui est Ivan ? Je ne sais pas. Mais j’ai ce prénom imprimé derrière mes yeux.
- Il ne faut pas avoir peur, Maëlle. Nous ne sommes plus que des fantômes. Plus rien ne peut nous arriver, m’assure Gregory.
- D’accord... soufflai-je.
- C’est bien, dit-il en remettant sa main dans ses poches. Suis-moi. Veux-tu savoir ce qui s’est passé quand tu est morte ?
Je hoche la tête en lui emboîtant le pas. Et je l’écoute raconter comment je suis morte.

- Tu étais étudiante à l’université, en anglais. Ce jour-là, tu avais hâte de rentrer chez toi. Il faisait beau et chaud. En plein été, d’où la robe que tu as sur toi. Tu n’as pas fait attention en traversant la route et ce n’est qu’au dernier moment que tu as vu la voiture. Une Range Rover bleue, de 78. Une belle voiture je t’assure. Elle t’a percuté de plein fouet, à plus de 150 km/h. Le choc t’a tuée immédiatement. De toute façon, tu serais morte quand même car tu avais une blessure ouverte au ventre. Le conducteur de la Range a fui – mais il est en prison depuis. Il y avait tant de monde autour de toi. Ils s’apitoyaient sur ton sort. Tous ces vautours affamés par la vue du sang, des tripes à l’air…Regarde ton ventre, tu verras une cicatrice ou un hématome, ajoute-t-il en tirant sur le col de sa chemise : sa gorge était barrée d’une énorme cicatrice rouge. Moi j’ai eu moins de chance que toi. J’ai été agressé et on m’a ouvert la gorge. J’ai agonisé longtemps avant de mourir. C’était il y a 3 ans, maintenant…
» Bref, tu n’es pas sortie de ton corps tout de suite. Quand l’ambulance est arrivée, tu es sortie de ton corps, tu ne t’ais rendue compte de rien. C’est normal. Lorsque l’on meurt brutalement, le cerveau peut ne pas s’en rendre compte et automatiquement, tu te crées des chimères… Tu as l’impression que ta vie continue et tu fais abstraction des anomalies : personne ne te parle, on t’ignore, tu ne vas pas en cours, plus d’amis… Et ce froid qui t’envahit sans que tu comprennes pourquoi. Et puis des souvenirs te reviennent. Tu as revu l’accident, tu t’es rendue compte que tu étais morte. C’est un changement, mais cette periode d’instabilité passe, tu verras.
Il s’arrête de marcher. Moi aussi. Nous sommes au bord d’une route. Un troupeau de badauds entoure une voiture retournée. Des cris et des sirènes fusent de toutes parts. Gregory tend le bras au lointain, je suis du regard son mouvement. Je vois une femme et un petit garçon qui sortent d’une boulangerie. Je reconnais Ethan.
- Ils sont morts, dis-je.
- Oui. Ils sont morts.
 
alizouille a dit:
ah quel bonheur de voir des gens qui écrivent ! C'est de plus en plus rare. Et bien sûr, il faut continuer car ce que j'ai lu de vous est très talentueux.

personnellement j'écris presque chaque jour. Je ne mettrai pas d'extrait sur le forum car je ne suis pas habituée à être lue. /quote]

C'est peut etre un debut !!!!
essaye
 
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