Une nature follement gaie. Sérieuse entorse aux théories darwiniennes, l’homosexualité a été décrite comme une « aberration » ou « anomalie occasionnelle » par les biologistes pendant près de deux cents ans et jusqu’à il y a vingt ans encore. Un bel exemple de myopie idéologique.
Comment les chercheurs ont-ils pu faire mine d’ignorer les duos inséparables de cygnes mâles, les joutes érotiques de lions virils, les ballets de séduction de lamantins gays, les flirts appuyés d’éléphantes ou girafes du même sexe ? Ou encore ces couples de femelles mouettes qui ne se séparent que le temps d’une fécondation avant d’élever leurs nichées ensemble ? Les masturbations et pénétrations homosexuelles sont également fréquentes chez les primates, notamment les bonobos. Dans nos campagnes, certains béliers désespèrent les fermiers en n’honorant que leurs congénères du même sexe. « Plus de 450 espèces animales dans le monde pratiquent l’homosexualité », estime le biologiste américain Bruce Bagemihl, qui les a recensées avec gourmandise. L’inversion toucherait davantage les mâles (80%) que les femelles. Ainsi documentée, l’homosexualité apparaît comme un comportement naturel.